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Défense

Longuet expose la vision française de la défense au Parlement

Par Olivier Mirguet à Strasbourg | mardi 25 octobre 2011

Le ministre français de la Défense a rendu hommage aux parlementaires européens pour leur vote, dès le 10 mars 2011, d’une résolution appelant l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne en Libye. «  Les militaires ne sont que les moyens d’une politique », a martelé Gérard Longuet, rappelant au côté d’Arnaud Dangent (PPE, France) le climat favorable à la résolution 1973 de l’ONU créé par le vote du Parlement européen. «  Le régime libyen serait encore au pouvoir si la France n’avait agi de façon aussi pugnace », a répondu Hans-Gert Pöttering (PPE, Allemagne), en rappelant que son parti national, la CDU-CSU, allait lors de son prochain congrès en novembre se prononcer en faveur d’une armée européenne.

Invité à un échange de vues avec les députés de la sous-commission « Sécurité et défense » de la Commission des affaires étrangères du Parlement européen, le 24 octobre à Strasbourg, Gérard Longuet a tiré les conclusions de l’engagement militaire de la France en Libye. «  Après les opérations militaires, nous entrons désormais dans une politique de coopération civile, qui ne relèvera plus de la politique européenne de sécurité et de défense », a prévenu le ministre français, avant de se livrer à une réflexion prospective sur l’organisation de cette politique.

«  Le Parlement s’interroge sur les structures institutionnelles de la défense européenne. La question importante qui se pose est celle de la conduite des opérations et de la planification. La formule devenue incontournable est celle de la mutualisation et du partage (pooling and sharing) ». Laissant entendre que ce partage pouvait faire l’objet de traités de coopération bilatérale, Gérard Longuet a rappelé le succès du traité de Lancaster House, signé le 2 novembre 2010 «  dans un esprit de subsidiarité » entre la France et le Royaume-Uni, «  deux nations qui représentent la moitié du budget européen de défense, et les deux tiers de sa R&D ».

L’opération de lutte contre la piraterie, au large des côtes de Somalie, a été qualifiée de succès. «  Nous devons aller plus loin en développant des capacités supplémentaires et en définissant le traitement judiciaire des pirates. Sur ce point, nous n’avons pas beaucoup progressé. La piraterie est à traiter en amont, en organisant une stabilité nationale dans cette région du globe », estime Gérard Longuet. Interrogé par Bernd Posselt (PPE, Allemagne) sur le rôle de l’Eurocorps dans la politique de défense européenne, le ministre a reconnu que ces moyens n’étaient «  pas assez utilisés ». En Afghanistan, où l’Eurocorps (1 000 hommes dirigés par le général français Olivier de Bavinchove) se projettera justement en janvier 2012, M. Longuet invite les nations européennes à une réflexion commune sur l’après-2014. «  La rotation des personnels dans les opérations européennes réduit-elle leur efficacité  ? » s’interroge José Ignacio Salafranca (PPE, Espagne). «  La stabilité des personnels est indispensable », répond Gérard Longuet. «  Je demande à l’Union européenne d’avoir le maximum de stabilité dans le temps ».



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