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Gaz de schiste

Les règles d’or de l’AIE pour une transition écologique

Par Marie-Martine Buckens | vendredi 01 juin 2012

Fatih Birol, l’économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a présenté le 30 mai devant les eurodéputés de la commission ITRE (Industrie, recherche et énergie) son déjà très controversé recueil sur des « Règles d’or pour un Age d’or du Gaz » concernant tout particulièrement l’extraction de gaz non conventionnels, comme le gaz de schiste.

Le rapport de l’AIE énumère une série de mesures pour garantir le développement durable de ces gaz, prévoyant notamment plus de transparence, de réglementation et de meilleures pratiques. «  Pour que ce nouveau secteur prospère, il doit obtenir et conserver sa licence sociale pour opérer », a expliqué Fatih Birol, reconnaissant que les coûts supplémentaires que de telles mesures entraîneraient devraient être limités. Le chef économiste de l’AIE ne fait toutefois pas du gaz de schiste la panacée, y voyant plutôt un bon pas en avant pour remplacer le charbon, lequel produit globalement deux fois plus d’émissions de CO2 que les gaz. Une situation qui prévaut aux Etats-Unis et qui explique la chute des émissions de CO2 depuis que le pays a remplacé voici cinq ans le charbon par le gaz. Un exemple qui pourrait être suivi en Pologne ou en Allemagne – ou en Chine - qui ont recours au charbon ? Le rapport de l’AIE ne se prononce pas. En revanche, il est piquant de constater que le rapport, publié en anglais, n’est traduit qu’en chinois et polonais.

Rappelons que jusqu’à présent, seule Pologne s’est ouvertement déclarée intéressée à développer le gaz de schiste. Et c’est sur base d’un rapport d’un eurodéputé polonais, le conservateur Boguslaw Sonik, que le Parlement doit prochainement se prononcer sur l’impact environnemental de la production de gaz de schiste. La Roumanie a déclaré début mai vouloir imposer un moratoire sur l’exploitation de gaz de schiste, la nouvelle majorité gouvernementale prévoyant le moratoire jusqu’à la finalisation d’études européennes en cours sur l’impact de la technique de fracturation hydraulique. En Bulgarie, les explorations menées par Chevron ont été suspendues suite à l’opposition de la population.

Pour l’économiste en chef, les gaz de schiste, le gaz en général, représentent des énergies de transition pour passer à une économie pauvre en carbone. «  Le plan idéal serait d’avoir davantage de renouvelables, d’efficacité énergétique et de technologies pauvres en carbone », a-t-il estimé, ajoutant que, dans ce contexte, «  le prix du carbone est l’élément le plus important ». Sans un prix du carbone adéquat, nous ne donnons pas le signal adéquat pour investir a-t-il insisté auprès des eurodéputés.

Pour stimuler un marché pauvre en carbone, l’AIE estime qu’un prix du carbone de 40,50 euros la tonne est nécessaire. Un chiffre à comparer aux 7 euros la tonne de CO2 échangée dans le cadre du système européen d’émissions (ETS).



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