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Défense

Les industries de défense s’alarment des coupes budgétaires

Par Pierre Lemoine | vendredi 15 avril 2011

Les industries de défense tirent la sonnette d’alarme face aux réductions drastiques dans les budgets nationaux qui, selon elles, risquent d’entraîner un retard technologique, un recul à l’exportation, des pertes d’emplois et une réduction globale des capacités européennes de défense. C’est la première fois qu’elles expriment collectivement leur inquiétude, profitant d’une réunion, jeudi, à Bruxelles, du conseil d’administration de l’ASD (Aerospace and Defence Industries), qui représente les intérêts de leurs 28 associations membres dans 20 pays (696 000 emplois pour un chiffre d’affaires de 155 milliards d’euros).

Le président de l’ASD, l’Espagnol Domingo Ureña-Raso, patron d’Airbus Military et responsable du programme A400M (l’avion de transport militaire, lui-même victime de retards), dénonce des facteurs aggravants tels que « l’ouverture des marchés (Paquet défense) en l’absence de consolidation de la demande » et « l’absence d’impulsion au niveau européen ». Pour lui, des programmes se trouvent menacés, dans tous secteurs, aussi bien le naval que l’aérien, à commencer par l’avion de combat Eurofighter.

« Le sous-investissement dans la recherche entraîne une mort lente des capacités de défense », selon Domingo Ureña-Raso. « Quand l’Europe se réveillera, il sera trop tard », a-t-il déclaré, ajoutant : « Une fois perdues ou fortement érodées, les capacités de haute technologie ne peuvent pas être facilement recréées ».

Les propositions de l’ASD se résument en une série de « plus » : plus de collaboration entre les Etats membres de l’UE, plus de mutualisation des moyens, plus de consolidation des marchés pour éviter les doublons, plus de coordination grâce à l’Agence européenne de défense (dont le directeur général, Claude-France Arnould, participait aux travaux jeudi), plus d’efforts de recherche en commun, plus de programmation commune dans toute technologie avec des applications civiles et militaires tels que les aéronefs sans pilote et les technologies de « perception de la situation » (concept de « Situation Awareness »).

Repère

Le total des budgets de défense des 27 Etats est de 200 milliards d’euros, ce qui place l’UE au deuxième rang mondial derrière les Etats-Unis qui dépensent 450 milliards d’euros. Survol de quelques décisions budgétaires annoncées par les Etats membres (voir Europolitique, supplément au N° 4093 du 30 novembre 2010) : Royaume-Uni -8 % sur quatre ans, France -3,5 milliards d’euros entre 2011 et 2013, Allemagne -8,3 milliards sur quatre ans, Italie -10 % à partir de 2011, Espagne -3,5 %, Pologne +7,1 % en 2011, Grèce passage de 3,1 % à 2,1 % du PIB, Pays-Bas -635 millions d’ici 2018, Bulgarie -20 % sur 2011-2015, Danemark -190 millions, Finlande +2 % sur 2011-2015, Hongrie augmentation des forces armées qui passent à 25 500 hommes (+1 500).



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