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Politiques sectorielles / EnergieImprimer l'article | ![]() Energie nucléaireLes centrales nucléaires sont sûres, selon les régulateursPar Tamás Kugyela | mercredi 11 janvier 2012
Tous les organismes nationaux de réglementation qui supervisent les activités nucléaires de l’UE ont maintenant remis leurs rapports finaux évaluant les résultats des tests de résistance ( stress tests) effectués sur les centrales nucléaires de leur propre pays. Ils n’y ont pas trouvé d’éléments qui exigeraient l’arrêt immédiat de l’une des 143 installations. L’évaluation, bouclée le 31 décembre 2011, portait sur 14 États membres, la Suisse et l’Ukraine. L’autorité française de sûreté nucléaire (ASN) a donné le feu vert au fonctionnement des 58 réacteurs du pays, qui y fournissent environ 75 % de l’électricité. Toutefois, elle note qu’il faut « dès que possible » relever « au-delà des marges de sûreté actuelles » leur robustesse, face à des situations extrêmes. La centrale controversée, âgée de 34 ans, à Fessenheim près de la frontière allemande, est également approuvée. Ses détracteurs ont depuis longtemps argué que l’assise en béton du réacteur est trop mince pour résister à un fort tremblement de terre, possible dans la zone sismique active de la haute vallée du Rhin. Les autorités ont dès lors prévu un renforcement des fondations. Au Royaume-Uni, le Bureau de la réglementation nucléaire (ONR) a conclu qu’il n’y a pas de grosses faiblesses dans la conception et la résistance des 33 centrales nucléaires du pays. Les conclusions de l’agence de sécurité bulgare sont similaires. Et Traïtcho Traikov, le ministre de l’Economie et de l’Energie, a précisé le 4 janvier que le réacteur bulgare de Kozlodoui allait être élargi avec plusieurs unités supplémentaires. Le projet de nouvelle centrale russo-bulgare à Béléné est donc abandonné, a-t-il indiqué. Les tests nationaux étant achevés, la partie la plus importante de la procédure des stress tests débutera en février. A ce stade, les experts nationaux de différentes autorités nationales évalueront les rapports. Cette révision par les pairs, coordonnée par le Groupe des régulateurs européens dans le domaine de la sûreté nucléaire (ENSREG), devrait être achevée en avril 2012. Disposant de toutes les informations, la Commission européenne remettra son avis consolidé au Conseil en juin 2012. Entre-temps, l’eurodéputée Rebecca Harms (Verts-ALE) s’est rendue au Japon pour savoir si les tests de résistance nucléaire appliqués en Europe pouvaient servir de modèle pour une évaluation de la sécurité des centrales nucléaires japonaises. Les Verts avaient souligné l’existence de plusieurs points faibles dans la méthodologie, susceptibles de compromettre son objectif global : garantir la sécurité des installations. Le 9 janvier, lors d’un séminaire à Osaka sur la question, Mme Harms a qualifié les tests de « charade politique » destinée à rassurer le public sur la sûreté fondamentale des réacteurs. La Commission considère les tests comme une première étape dans l’élaboration d’une réglementation globale sur la sûreté nucléaire européenne. Dans son avis (COM(2011)784) sur les rapports intermédiaires des régulateurs nationaux pour l’énergie nucléaire, présenté le 24 novembre, elle avait déjà suggéré la création de principes et d’obligations communautaires concernant la gestion des centrales nucléaires, ainsi que des mécanismes communautaires visant à prévenir et à se préparer aux urgences. Rapports nationaux : www.ensreg.eu/documents Repère Dans la foulée de la catastrophe de Fukushima (Japon), le Conseil européen a décidé de procéder à une évaluation de la sûreté nucléaire dans 14 pays de l’UE ayant une centrale nucléaire, soit 143 centrales au total. La procédure a débuté le 1er juin. Les tests fournissent une évaluation de la capacité des centrales à résister aux effets de catastrophes naturelles et de défaillances techniques. L’analyse des risques liés au facteur humain (attentats terroristes, accident d’avion, etc.) est soumise à une procédure différente. Les Etats membres, principalement sous l’impulsion du Royaume-Uni et de la République tchèque, se réservent l’essentiel des questions de sûreté et les évaluent dans un groupe ad hoc sur la sécurité nucléaire (AHGNS) au sein du Conseil. |
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Josche Muth/EREC -
