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Politiques sectorielles / Justice & affaires intérieuresImprimer l'article | ![]() Intégration/Libre circulationLe Parlement condamne les expulsions de Roms en FrancePar Nathalie Vandystadt | jeudi 09 septembre 2010
Le message politique est passé : une majorité du Parlement européen a réclamé, le 9 septembre à Strasbourg, la « suspension immédiate » des expulsions de Roms par la France, au nom de la libre circulation des citoyens européens et de l’interdiction des discriminations raciales ou ethniques dans l’UE. Les conservateurs du PPE, première force de l’assemblée et famille politique du président français Nicolas Sarkozy, dénonce une « regrettable exploitation politique de la communauté Rom ». Avec des propos souvent virulents, 337 députés européens (contre 245 et 51 absentions) ont approuvé la résolution commune négociée par les libéraux, les verts, les socialistes et les communistes, se déclarant « vivement préoccupés par les mesures prises par les autorités françaises ainsi que par les autorités d’autres États membres à l’encontre des Roms et des gens du voyage prévoyant leur expulsion ». Le Parlement dit en particulier « s’inquiéter de la rhétorique provocatrice et ouvertement discriminatoire qui a marqué le discours politique au cours des opérations de renvoi des Roms dans leur pays » (Roumaine et Bulgarie, ndlr). Ce qui, selon lui, « donne de la crédibilité à des propos racistes et aux agissements de groupes d’extrême droite ». « L’exil d’enfants roms d’origine allemands au Kosovo, le démantèlement de style militaire des camps de Roms en France, les expulsions massives et les encouragements d’un ministre italien à mener des politiques ouvertement xénophobes sont de tristes événements pour l’Union européenne dont les valeurs ont été ridiculisées », a déclaré Guy Verhofstadt, chef de file des libéraux européens. La Commission est également visée. Le PE affirme « regretter profondément sa réaction tardive et réservée », alors qu’elle est gardienne des traités, « lorsqu’il s’est agi de vérifier la conformité des actions menées par les États membres avec le droit européen sur la non-discrimination, la libre circulation et le droit à la confidentialité des données personnelles ». Le PE rappelle que la Charte européenne des droits fondamentaux, contraignante avec le traité de Lisbonne, interdit les expulsions collectives et le relevé des empreintes digitales des Roms, sans accuser directement la France de s’y être livrée. Il attend l’analyse juridique de la Commission. Paris, de son côté, a toujours récusé toute accusation de renvois de masse. En visite à Bucarest le jour même, le ministre français Eric Besson (Immigration) et le secrétaire d’Etat Pierre Lellouche (Affaires européennes) allaient demander au gouvernement roumain de mettre en place un « plan national d’urgence » pour intégrer les citoyens roms sur son territoire. « Faute de quoi, le secrétaire d’Etat laisse entendre que Paris pourrait s’opposer à l’entrée de la Roumanie dans l’espace Schengen », selon un article du Monde du 9 septembre. n La résolution : www.europolitique.info > recherche = 278227 |
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