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Politiques sectorielles / DéfenseImprimer l'article | ![]() Politique de défenseLa présidence belge en faveur d’une coopération structuréePar Paul Ames | mardi 06 juillet 2010
La présidence belge du Conseil de l’UE fait pression en faveur du concept de « coopération structurée permanente » en matière de défense, dans le cadre du traité de Lisbonne. Avec la Hongrie et la Pologne, les deux pays qui lui succéderont à la présidence de l’UE en 2011, elle estime que ceci peut aider à renforcer les capacités militaires, sans imposer de charges excessives sur les budgets de défense. Les trois pays cherchent à obtenir un accord politique entre les Vingt-sept sur les objectifs, la valeur ajoutée et les points de départ d’un cadre de coopération dénommé « PESCO ». Les critères de défense que les pays auraient à respecter pour y participer seraient discutés plus tard. Un document de synthèse rédigé par les trois pays reconnaît que le traité reste flou sur les modalités du PESCO. L’idée est de créer un cadre qui permette aux Etats membres qui ont la volonté politique et respectent certains critères de référence en matière de défense de renforcer la coopération militaire, de la même manière que les nations qui répondent aux critères de la monnaie unique sont autorisées à adhérer à la zone euro. Les partisans du concept indiquent qu’il renforcera les capacités militaires de l’Europe en permettant le partage des ressources et davantage de coopération sur les opérations tout en prévoyant des économies en encourageant les nations à la complémentarité de leurs capacités. « La synergie entre les Etats membres réalisable via le PESCO doit à terme mener à des avantages opérationnels, une dépense plus efficace des budgets de défense, et éliminer les doubles emplois actuels et les lacunes détectées en matière de capacités de défense », note un document non officiel des trois pays. Comment procéder ? Beaucoup d’experts estiment que l’idée n’a pas de sens sans la participation du Royaume-Uni – qui est, avec la France, la puissance militaire majeure de l’UE. Reste que certains haut placés au gouvernement conservateur britannique, soupçonnent que les nouvelles initiatives européennes de défense sont une menace potentielle pour l’indépendance nationale et l’unité de l’OTAN. Concernant la forme du PESCO : doit-il être inclusif, ou se limiter aux pays ayant assez de punch militaire et un degré élevé de dépenses en défense ? Doit-il être purement militaire, ou inclure les aspects civilo-militaires de la sécurité ? Doit-il être une entité unique, ou être à géométrie variable par laquelle par exemple les nations pouvaient participer à des projets de recherche et développement, mais pas à des aspects opérationnels ? APPROCHE « INCLUSIVE »Le document belgo-magyaro-polonais fait des suggestions pour répondre à des questions plus politiques liées à la création du PESCO. Ils préconisent une approche inclusive. « Il est dans l’intérêt de l’UE d’associer autant d’Etats membre intéressés que possible à cette coopération militaire institutionnalisée », note le document. Le « PESCO ne doit pas se limiter à un noyau de pays en nombre restreint... Il faut éviter une défense européenne à deux vitesses ». Selon les trois nations, les critères d’adhésion doivent tenir compte de la volonté des pays de mettre des ressources humaines et autres à la disposition des missions de l’UE, et de participer à des projets multinationaux de développement de nouvelles capacités militaires via l’Agence européenne de défense. Le document ajoute que le PESCO doit être transparent pour tous les Etats membres, même ceux qui ne participent pas. En soulignant l’importance de développer une structure unique du PESCO, les pays du trio de présidences suggèrent de le fonder sur plusieurs piliers, dont les capacités, les opérations, la recherche et la technologie et l’industrie de l’armement. Cette approche permettra aux nations de s’engager à atteindre les objectifs dans chaque domaine spécifique, disent-ils. Au lieu de contraindre les pays à respecter des critères stricts dès le lancement du PESCO, le document recommande de fixer des délais par lesquels les pays participants doivent atteindre les objectifs qui leur sont imposés. Le document souligne qu’un accord rapide sur les grandes lignes politiques du PESCO relancerait le processus, qui ne serait pas retardé par des négociations sur les détails techniques des critères. |
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