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Perturbateurs endocriniens

La moitié de notre nourriture contaminée, selon PAN Europe

Par Sophie Petitjean | mardi 05 juin 2012

La laitue, les tomates, les concombres et les pommes sont les denrées alimentaires contenant la dose la plus élevée de résidus de pesticides perturbant le système endocrinien dans l’UE, selon un nouveau rapport de Pesticide Action Network Europe (PAN) publié le 5 juin. Avec ce « top 10 » des fruits et légumes les plus perturbateurs, le réseau d’organisations non gouvernementales environnementalistes souhaite mettre en garde contre les effets, à long terme, de ces composés chimiques sur la santé, y compris sur la croissance, le développement sexuel et le comportement. Il invite également l’Union européenne à tenir compte du seuil critique d’exposition, des effets des petites doses de perturbateurs endocriniens (PE) et de leurs effets cumulatifs lorsqu’elle établira une liste des propriétés perturbatrices du système endocrinien en 2013.

L’analyse s’appuie sur un rapport de l’Agence de sécurité alimentaire de l’UE (EFSA) qui analyse des échantillons de nourriture dans toute l’UE. Elle retient également 43 pesticides perturbateurs endocriniens (PE) sur base de la littérature existante (puisqu’il n’existe pas de critères spécifiques définissant les PE chimiques à l’échelon européen). En comparant ces données, PAN Europe indique, que parmi les 43 pesticides PE retenus, 30 ont été identifiés dans la nourriture européenne. En d’autres termes, conclut l’organisation, cela signifie que la moitié de notre nourriture est contaminée par des résidus de pesticides et un quart de notre nourriture présente même des résidus de pesticides multiples, avec parfois plus de 10 pesticides dans un échantillon. «  Aujourd’hui, seuls les produits biologiques sont exempts de ces pesticides » affirme PAN Europe, qui promeut des alternatives durables à l’utilisation des pesticides.

Ce top 10 s’ajoute à la liste SIN (Substitution Immédiate Nécessaire), qui recense 22 PE à substituer d’urgence (voir Europolitique n° 4194).

DE NOUVEAUX CRITÈRES EN 2013

Les perturbateurs endocriniens sont couverts par le Règlement n° 1107/2009 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques (appliqué depuis juin 2011) et le Règlement n° 396/2005 sur les résidus, qui définit les niveaux maximums de pesticides dans la nourriture. Ce dernier texte invite la Commission européenne à proposer d’ici au 14 décembre 2013 une définition fondée sur des critères scientifiques permettant d’identifier les perturbateurs endocriniens.

PAN Europe invite la Commission à considérer les faibles doses de perturbateurs endocriniens chimiques et à éviter les seuils peu adaptés à ces composés. L’Union européenne devrait ensuite prendre en compte les effets cumulatifs (effets cocktail) des PE ajoutés les uns aux autres. Enfin, l’organisation appelle à des mesures fortes pour protéger les consommateurs vulnérables, comme les jeunes enfants et les femmes enceintes.

La députée Asa Westlund (S&D, Suède) devrait présenter un rapport d’initiative sur le sujet en commission parlementaire, le 6 novembre.



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