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UE/Libye

La mission militaire laisse beaucoup de questions sans réponse

Par Paul Ames | lundi 04 avril 2011

Le Conseil de l’UE a décidé, par procédure écrite le 1er avril, d’autoriser une mission militaire pour soutenir l’aide humanitaire en Libye, mais la décision laisse beaucoup de questions sans réponse sur la nature d’un éventuel déploiement de l’UE dans la région.

Plutôt que d’attendre, comme d’habitude, une demande d’aide militaire de la part des Nations Unies, l’UE a anticipé en annonçant qu’une force militaire européenne, baptisée EUFOR Libye, serait prête à être déployée si le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) en fait la demande. Mais on ne sait pas actuellement si ou quand les Nations unies feraient cette demande, si un soutien militaire à une mission humanitaire est nécessaire à ce stade, combien de soldats seront déployés et s’ils iront en Libye ou dans les pays voisins. Il reste aussi à définir comment une éventuelle mission de l’UE se coordonnerait avec les opérations humanitaires déjà menées ou envisagées par les Américains, les Britanniques et les Turcs.

Va aussi se poser la question d’un rôle à plus long terme de l’UE pour assurer la reconstruction en Libye après la guerre civile, par exemple avec une mission similaire à celles envoyées en Irak, Géorgie ou Congo pour soutenir les réformes de l’armée, de la police et de la justice.

Dans un communiqué, le Conseil indique qu’EUFOR Libye doit « contribuer à la circulation et à l’évacuation en toute sécurité des personnes déplacées » et « soutenir, avec des capacités spécifiques, les agences humanitaires dans leurs activités ». La mission sera dirigée par l’amiral italien Claudio Gaudiosi et aura son siège opérationnel à Rome. Aucune précision n’a été communiquée sur sa taille mais, selon un responsable européen, seule une centaine de soldats, principalement italiens, serait prévue. La mission a un budget limité, avec des coûts conjoints évalués à 7,9 millions d’euros. Elle aura une durée initiale de quatre mois.

Incertitude également sur l’endroit où les soldats seraient déployés. Mais il semble qu’il soit actuellement prévu qu’ils se rendent en Tunisie et en Egypte plutôt qu’en Libye, étant donné que plusieurs gouvernements européens ont estimé que la présence de soldats étrangers sur le terrain risquait de compliquer encore le conflit.

La décision d’anticiper une demande des Nations unies rend la planification militaire de la mission difficile car les besoins humanitaires n’ont pas été définis par l’OCHA. Toutefois, certains gouvernements de l’UE souhaitaient une décision rapide donnant à l’UE un rôle qui compenserait le fait que la politique de sécurité et de défense de l’UE n’a, jusqu’ici, joué qu’un rôle de second plan, derrière l’OTAN, dans le conflit libyen.  Rome était particulièrement désireuse que l’UE intervienne et que l’Italie joue un rôle de premier plan, tant en raison du problème croissant des réfugiés que du fait qu’elle se sent marginalisée par le leadership militaire et diplomatique de la France depuis le début de la crise.



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