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Asile/Immigration

La Grèce tente de convaincre l’UE du bien-fondé de ses projets

Par Nathalie Vandystadt | lundi 02 avril 2012

Sous pression, le ministre grec de la Protection citoyenne, Michalis Chrisochoidis, a présenté, le 2 avril à Bruxelles, à la Commission européenne ses projets imminents pour contrer l’immigration illégale dans son pays et y améliorer le sort des demandeurs d’asile. Mauvaise élève de la zone euro, la Grèce est aussi pointée du doigt sur l’immigration, notamment par le président-candidat français Nicolas Sarkozy qui a qualifié la frontière gréco-turque de «  passoire ». Athènes maintient aussi son projet de «  mur » à la frontière gréco-turque.

La Grèce manque de structures, aussi bien d’accueil pour les demandeurs d’asile, que de détention pour les illégaux en attente d’expulsion. « La Grèce doit gérer une terrible crise humanitaire, la gestion de centaines de milliers d’âmes qui traversent chaque année les frontières, qui soit utilisent notre pays comme transit pour aller plus loin en Europe, soit y restent. Le résultat est tragique pour un pays confronté à une crise économique », a plaidé le ministre grec à l’issue d’une rencontre avec la commissaire Cecilia Malmström responsable de l’immigration.

Selon les chiffres du ministre, 150 000 migrants rentrent en Grèce par an, la plupart clandestins venant d’Afghanistan, du Pakistan, d’Algérie, du Maroc ou du Soudan, et aidés par des passeurs. « La Grèce ne peut plus accepter cette bombe à retardement. C’est aussi une bombe sanitaire », a noté le ministre.

Il a annoncé la construction des premiers centres d’accueil de demandeurs d’asile. Dans la région d’Evros, la construction commencera dans quelques jours « avec des services d’asile qui rempliront toutes les exigences européennes et internationales », a assuré le ministre. La situation des demandeurs d’asile a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg et la Cour de justice de l’UE et aucun demandeur d’asile entré par la Grèce ne peut être renvoyé dans ce pays.

Et le ministre de préciser qu’Athènes voudrait utiliser les 250 millions d’euros disponibles au titre du fonds européen de gestion des frontières extérieures et du fonds de retour, pour la construction de ces centres et les opérations de « retour ». « Ce montant sera suffisant pour 2012-2013, mais dans le cadre du nouveau cadre financier de l’UE, nous avons besoin d’un nouveau plan économique », a-t-il précisé.

Il ne s’agit «  pas de plus d’argent » mais d’une «  utilisation plus efficace des fonds », a renchéri Mme Malmström.

S’agissant de la construction d’un mur à la frontière gréco-turque, «  c’est une question de politique intérieure », non financée par l’UE, a souligné Michalis Chrisochoidis.

Mais cela ne résoudra pas le problème des migrants qui tenteront de passer par le fleuve Evros ou la mer Egée. Le ministre a donc réclamé une «  solution » pour signer l’accord – en stand by – sur la réadmission des clandestins avec la Turquie, en contrepartie duquel Ankara veut un dialogue sur l’exemption de visa en Europe pour ses citoyens, que lui refusent pour l’heure les Vingt-sept.



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