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Innovation

La Commission épingle les faiblesses de l’innovation européenne

Par Éric Van Puyvelde et Elise Mertens | mardi 07 février 2012

La faiblesse des dépenses de recherche des entreprises et l’attrait insuffisant de l’Europe pour les chercheurs de haut niveau constituent deux des principales lacunes qui expliquent que l’UE ne parvient pas à combler l’écart persistant qui la sépare des leaders mondiaux de l’innovation, à savoir les États‑Unis, le Japon et la Corée du Sud. C’est ce que note la Commission européenne dans le tableau de bord de l’Union de l’innovation 2011, publié le 7 février. Elle y souligne que les entreprises doivent donc stimuler l’innovation face à une concurrence mondiale toujours plus forte. Selon le rapport, quasiment tous les États membres ont malgré tout amélioré leurs résultats en matière d’innovation mais ces « progrès s’essoufflent».

Pour la commissaire chargée de la recherche, de l’innovation et de la science, Máire Geoghegan-Quinn, les progrès en matière d’innovation sont pourtant la seule solution qui s’offre aux Etats membres pour sortir de la crise. « Un pays qui n’a pas de stratégie d’innovation solide ne sortira pas de la crise. Il faut agir au niveau national », affirme-t-elle. Elle invite en conséquence tous les Etat membre à prendre leurs responsabilités à l’échelle nationale et à utiliser tous les moyens financiers mis à leur disposition pour favoriser l’innovation. Antonio Tajani, vice-président de la Commission européenne et commissaire chargé de l’industrie et de l’entrepreneuriat, a quant à lui fortement encouragé la coopération entre les petites et moyennes entreprises (PME) : « Pour le moment, seuls 11% des PME européennes sont engagées dans des politiques de coopération les unes avec les autres. Un modèle d’entreprise fondé sur la coopération est le futur modèle gagnant. Innover, ca veut dire changer de modèle d’organisation.» En conclusion, les deux commissaires ont souligné l’importance de l’internationalisation, comme outil clé de l’innovation.

Le tableau de bord se base sur 24 indicateurs regroupés en trois catégories : les « outils » (ressources humaines, ouverture, excellence et attrait des systèmes de recherche, et financements et aides); les « activités des entreprises » (investissements, relations et entrepreneuriat, capital intellectuel); les « résultats » (innovateurs et effets économiques, y compris sur l’emploi). Comme l’année dernière, les principales lacunes concernent la catégorie « activités des entreprises » où l’UE‑27 accuse, au niveau international, un retard dans les dépenses de R&D des entreprises, les copublications des secteurs public et privé, et, par rapport aux États-Unis, dans l’excellence et l’attrait des systèmes de recherche. De meilleures conditions générales ne suffiront pas si l’UE n’est pas à même d’attirer une part bien plus importante de chercheurs de haut niveau et de jeunes scientifiques talentueux venant du monde entier, dit la Commission européenne.

L’UE garde encore une bonne longueur d’avance sur les économies émergentes que sont la Chine, le Brésil, l’Inde, la Russie et l’Afrique du Sud bien que la Chine, qui améliore ses performances en matière d’innovation, comble progressivement son retard.

LES CHAMPIONS DE L’INNOVATION

Le tableau de bord classe les États membres en quatre groupes de pays:

• les champions de l’innovation: la Suède, le Danemark, l’Allemagne et la Finlande;

• les suiveurs de l’innovation: la Belgique, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Autriche, le Luxembourg, l’Irlande, la France, la Slovénie, Chypre et l’Estonie, dont les résultats sont proches de la moyenne de l’UE‑27;

• les innovateurs modérés: l’Italie, le Portugal, la République tchèque, l’Espagne, la Hongrie, la Grèce, Malte, la Slovaquie et la Pologne, dont les résultats sont inférieurs à la moyenne de l’UE‑27;

• les innovateurs modestes: la Roumanie, la Lituanie, la Bulgarie et la Lettonie, dont les résultats sont nettement inférieurs à la moyenne de l’UE-27.

La Commission européenne met en évidence les raisons du succès des champions de l’innovation : les pays les plus performants ont, dans leur système national de R&D, notamment en commun le rôle prépondérant des activités des entreprises et la collaboration entre les secteurs public et privé. Tous les champions dans ce domaine investissent considérablement dans la R&D, y compris au niveau des entreprises. La plupart d’entre eux affichent également de très bons résultats concernant d’autres indicateurs d’innovation liés aux activités des entreprises. Les champions européens de l’innovation présentent également des scores élevés pour ce qui est de la commercialisation de leurs technologies.

Rapport sur :   www.europolitique.info > recherche = 308524

Repère

Parallèlement au rapport annuel sur les performances européennes dans les domaines de l’innovation et de la recherche, la Commission européenne publie tous les deux ans l’« Innovation Union Competitiveness Report », dont la dernière édition est parue en juin dernier. Cette étude dresse les faiblesses des États membres et met en lumière des solutions pour améliorer leur compétitivité. Les deux documents sont complémentaires dans la surveillance des progrès européens en matière de recherche et d’innovation. Le prochain rapport sera publié en juin 2013. 



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