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Social / Justice & affaires intérieuresImprimer l'article | Imprimer cet article

Lutte anti-discriminations

Intégration des Roms : critiques au PE sur le manque de progrès

Par Gaspard Sebag | mercredi 10 mars 2010

À l’initiative du groupe des Socialistes et des Verts au Parlement européen, un débat sur l’intégration des Roms a eu lieu 9 mars en session plénière à Strasbourg. Un mois avant le deuxième sommet européen des Roms à Cordoue le 8 avril, les députés appellent à une intensification de l’action européenne afin de remédier aux discriminations et une meilleure utilisation des fonds structurels européens dont l’impact demeure limité.

À l’intérieur de l’Union, la discrimination fondée sur la race ou l’origine ethnique est interdite tous domaines confondus. C’est ce que dit la Directive 2000/43/CE contre les discriminations. Et pourtant, ceux qu’on appelle «Roms», la plus forte minorité européenne avec 10-12, voire 15 millions d’âmes, « affichent le taux global le plus élevé de discrimination », constate la première enquête de l’UE sur les minorités et la discrimination, réalisée en 2008 par l’Agence européenne des droits fondamentaux.

Pour faire face à ce problème, depuis plusieurs années, et encore plus avec l’élargissement à l’Est, l’UE accumule les résolutions du Parlement européen, des rapports de la Commission et autres conclusions du Conseil de l’UE sur la nécessaire intégration des Roms. Les députés socialistes et verts critiquent cependant le manque de progrès notable depuis le premier sommet européen des Roms, organisé le 16 septembre 2008. Les députés appellent à une collaboration accrue des États membres avec la Commission ainsi qu’une révision de l’utilisation de ces fonds afin de remédier aux formes de discrimination qui frappent les Roms.

Lors du débat, Viviane Reding, commissaire à la Justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté, a reconnu que des « lacunes » persistaient mais que des « engagements concrets » étaient nécessaires. Elle a annoncé que des peines criminelles contre les crimes racistes et xénophobes devraient être mise en place par chaque État membre avant novembre 2010. Au-delà des sanctions pénales, il est nécessaire, selon elle, de s’attaquer aux problèmes économiques et sociaux des Roms qui sont au cœur de leur exclusion. Elle a cependant affirmé qu’il n’y aurait pas de directives ou de fonds spécifiques aux Roms. Des projets pilotes de scolarisation, de microcrédits et de sensibilisation sont prévus, a-t-elle indiqué. Ces propositions, à hauteur de 5 millions d’euros sur 2 ans, seront évaluées par le Programme des Nations Unies pour le développement et la Banque mondiale. Mme Reding a insisté sur l’importance du travail de sensibilisation dans le cadre de la campagne de l’Union européenne « pour la diversité, contre les discriminations ».

En marge du débat, une conférence se tient les 10 et 11 mars à Bruxelles pour mettre en valeur une trentaine de projets orientés vers les communautés Roms financés par des programmes européens en faveur de l’éducation, de la culture, de la jeunesse et de la citoyenneté ainsi que par les fonds structurels de l’UE.

Les députés adopteront une résolution sur l’intégration des Roms lors de leur session des 19-22 avril à Strasbourg.  n



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