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Conseil Défense informel

Dépenses militaires : le chef de l’OTAN fait pression sur l’UE

Par Paul Ames | lundi 21 février 2011



Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, va inviter les ministres de la défense de l’UE à ne pas réduire leurs dépenses militaires pour ne pas mettre en péril leur capacité à assurer efficacement la sécurité. L’adaptation de la défense européenne aux restrictions budgétaires sera au coeur du Conseil Défense informel qui se tiendra les 24-25 février à Gödöllo, en périphérie de Budapest. Le secrétaire général de l’OTAN y assistera.

M. Fogh Rasmussen reprendra les arguments qu’il a fait valoir au début de ce mois à la Conférence de sécurité de Munich, où il a invité l’Europe à adopter une défense intelligente, c’est-à-dire davantage de coopération entre les nations pour partager les ressources, éviter les doublons dans les dépenses, et développer une planification conjointe et une spécialisation complémentaire.

«  Nous risquons d’avoir une Europe plus faible. Sans le matériel nécessaire pour sauvegarder sont pouvoir, le potentiel de l’Europe pour prévenir et gérer les crises sera gravement diminué », a déclaré Fogh Rasmussen dernièrement dans un blog vidéo sur le site Internet de l’OTAN. «  Il nous faut une nouvelle approche, une défense intelligente garantissant plus de sécurité pour moins d’argent via un travail en commun plus efficace. »

Les Etats de l’UE travaillent déjà en ce sens. Ils se sont mis d’accord, lors du Conseil informel de Gand, en septembre dernier, pour étudier de nouveaux moyens de réunir et de partager leurs capacités, et le Conseil qui aura lieu en Hongrie devrait mettre sur pied une équipe d’experts chargés d’élaborer des propositions concrètes pouvant être mises en oeuvre d’ici la fin de l’année.

La nécessité d’augmenter le partage des ressources est aussi un élément clé des propositions de Weimar présentées par la Pologne, la France et l’Allemagne et avalisées par les ministres des Affaires étrangères de l’UE, le 31 janvier. La Pologne envisage de faire du partage des capacités et de l’augmentation de la coopération entre l’UE et l’OTAN, la pierre angulaire de l’objectif prioritaire de sa présidence de l’UE au second semestre 2011, à savoir relancer la défense européenne.

COOPÉRATION UE/OTAN

Lever les obstacles à la coopération UE/OTAN, causés par le différend entre la Turquie et Chypre, sera un point crucial dans le cadre de ces efforts et certainement un autre thème majeur de la réunion de Gödöllö. Selon des fonctionnaires de l’UE, les discussions s’intensifient avec la Grèce et Chypre quant à un renforcement du dialogue politique avec la Turquie en matière de sécurité, dans l’espoir d’obtenir un accord turc concernant plusieurs domaines « à résultats rapides » où l’UE et l’OTAN peuvent développer une coopération pratique, comme la cyberdéfense ou la protection contre les menaces chimiques, biologiques ou nucléaires.

La Haute représentante aux affaires étrangères et à la politique de sécurité de l’UE, Catherine Ashton, participera, pour la première fois depuis son entrée en fonction en 2009, à une réunion informelle des ministres de la défense de l’UE. Elle a été critiquée par les ministres pour ne pas avoir participé à de telles réunions sous les présidences espagnole et belge mais des fonctionnaires ont affirmé qu’elle serait présente à Gödöllo.

Les ministres discuteront de l’avenir des missions européennes de sécurité en Somalie lors du dîner, le 24 février. Le débat portera sur la manière de renforcer la mission ATALANTE de lutte contre la piraterie en augmentant les capacités maritimes des pays de la région (Kenya, Djibouti, Yémen) pour qu’ils jouent un rôle accru dans la lutte contre la piraterie. Ils se pencheront aussi sur l’avenir de la mission européenne de formation des soldats somaliens. Les pressions sur l’UE s’intensifient pour qu’elle envisage d’étendre sa mission au-delà du mois d’août. Toutefois, avant d’arrêter leur décision, les ministres veulent évaluer la réintégration du premier groupe de 1 000 soldats dans les forces armées somaliennes après leur formation par l’UE en Ouganda.

« Il nous faut une défense intelligente garantissant plus de sécurité pour moins d’argent via un travail en commun »

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