Analytique, complet, indépendant
Bannière
 
Politiques sectorielles / Justice & affaires intérieuresImprimer l'article | Imprimer cet article

Immigration/asile

2011 marquée par le « printemps arabe » et les pressions en Grèce

Par Nathalie Vandystadt | jeudi 31 mai 2012

La Commission européenne alimentera en chiffres les discussions sur l’asile et l’immigration attendues le 7 juin au Conseil Affaires intérieures, à Luxembourg. Dans un rapport faisant un état des lieux de l’année 2011, elle constate une augmentation du nombre de demandeurs d’asile, en grande partie due au « printemps arabe » et de pressions toujours fortes à la frontière gréco-turque.

«  Les conséquences du printemps arabe, principalement en Italie mais aussi à Malte, ainsi que les flux migratoires à la frontière Grèce-Turquie en 2011, ont conduit à de sérieuses réflexions sur la façon dont l’UE devrait mieux répondre aux pressions migratoires, tout en disposant de mécanismes efficaces d’entrée pour permettre la migration ordonnée et mieux gérée », analyse la Commission dans le rapport attendu ce 1er juin, dont Europolitique a obtenu copie.

Comme l’avait constaté Eurostat, l’office européen des statistiques, en 2011, les demandes d’asile ont augmenté de 16,2 % par rapport à 2010, soit 302 000 demandes déposées, en premier lieu, en France, en Allemagne et en Italie. Les requêtes venaient d’abord d’Afghanistan (28 000), de Russie (18 200), du Pakistan (15 700), d’Irak (15 200) et de Serbie (13 900). Au total, seuls 25 % des demandeurs d’asile ont obtenu une réponse positive.

INTERCEPTIONS D’ILLÉGAUX EN BAISSE

Sur l’immigration illégale, les estimations varient de 2 à 4,5 millions de migrants clandestins en 2011. Globalement, les interceptions aux frontières ont baissé. En 2011, quelque 343 000 personnes ont été refusées aux frontières de l’UE, soit 13 % de moins qu’en 2010. L’Espagne a totalisé 70 % des refus. Près de 470 000 personnes ont été arrêtées aux frontières, contre 505 000 en 2010. Enfin, les Etats membres ont expulsé environ 190 000 candidats à l’immigration, soit 15 % de moins qu’en 2010. En revanche, plus de 55 000 clandestins ont été détectés dans la région d’Evros, à la frontière gréco-turque, soit 17 % de plus en un an.

Les étrangers sont moins bien employés que les nationaux. En 2010, le taux d’emploi moyen des ressortissants de pays tiers 20-64 ans était de 58,5 % contre à 68,6 % de la population totale des 20-64 ans.

De manière plus générale, la population totale de l’UE était de 502,5 millions de personnes en 2011, soit 1,4 million de plus qu’en 2011, dont une immigration nette de 0,9 million. Quelque 20 millions de non-Européens vivent dans l’UE, soit 4 % de la population totale. C’est davantage que les 12,3 millions d’Européens installés dans un autre pays de l’Union. La plupart des ressortissants étrangers sont originaires de Turquie (environ 2,4 millions), du Maroc (1,8 million) et d’Albanie (1 million).

EUROBAROMÈTRE

A côté de ce rapport, la Commission publie une enquête Eurobaromètre, dont les réponses vont dans le sens de ses projets pour l’UE. Ainsi, huit Européens sur 10 estiment que les demandes d’asile devraient répondre aux mêmes règles d’admission dans l’UE. C’est l’un des enjeux du « paquet asile », qui doit permettre de créer un régime commun dans l’Union. 80 % des Européens sont également en faveur d’une plus grande assistance de l’UE aux Etats membres ayant de grosses difficultés avec l’immigration illégale, comme la Grèce, aujourd’hui dépassée par l’afflux de migrants à sa frontière avec la Turquie.

78 % des Européens pensent que les coûts de l’immigration illégale devraient être partagés entre pays de l’UE.

Le 7 juin, les ministres de l’intérieur devraient en effet avancer sur les propositions du paquet asile. Notamment parce qu’ils ont obtenu de la Commission européenne la possibilité pour les polices nationales de consulter le registre européen des empreintes digitales des demandeurs d’asile et des migrants clandestins (Eurodac).



Copyright © 2008 Europolitics. Tous droits réservés.