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Politiques externes / ElargissementImprimer l'article | ![]() UE/IslandeVote en Islande sur un retrait de la candidature d’adhésionPar Joanna Sopinska | lundi 06 septembre 2010
Quelques semaines à peine après le début officiel des négociations d’adhésion avec l’UE, le parlement islandais se prépare à un vote sur une résolution appelant à un retrait de la demande d’adhésion. La proposition, présentée par quatre députés à titre individuel, reflète l’opposition croissante à l’adhésion du pays à l’UE chez les responsables politiques et dans la population. « La démocratie doit suivre son cours, mais j’espère, bien sûr, que cette résolution sera rejetée », a déclaré la Première ministre Johanna Sigurdardottir le 3 septembre. Elle a précisé que le vote pourrait encore avoir lieu ce mois-ci. La Commission européenne est préoccupée par l’évolution récente en l’Islande, a indiqué à Europolitique la porte-parole de Stefan Füle, commissaire à l’Elargissement. « Nous examinons la situation de très près », a-t-elle dit, ajoutant toutefois qu’un débat interne concernant la candidature du pays à l’UE est « tout-à-fait légitime ». L’éventuelle adoption de la résolution par le parlement islandais (l’ Althing), qui, selon les médias locaux, est plutôt improbable, obligerait le gouvernement à arrêter les pourparlers en cours et à retirer la demande d’adhésion. Ce serait une première dans l’histoire de l’élargissement de l’UE. Jamais auparavant un pays candidat n’a retiré sa demande d’adhésion avant la fin des négociations. EUROPHOBIE GRANDISSANTEIl y a un an, par un vote serré (33-28), l’ Althing a appuyé la demande formelle d’adhésion du pays à l’Union. Mais depuis lors, l’opposition à l’adhésion n’a cessé de croître. Un récent sondage a révélé que 60% des Islandais étaient opposés à l’adhésion, en hausse de 54% par rapport à novembre 2009. Selon les experts, la baisse du soutien est liée aux retombées de la faillite de la banque Icesave en 2008 et à l’échec de négociations à ce sujet avec les deux États membres concernés, Pays-Bas et Royaume-Uni. L’actuelle «guerre du maquereau» devrait contribuer à réduire encore l’appui du public. La plupart des Islandais sont favorables à la décision de leur pays, contestée par l’UE, d’augmenter son quota de pêche au maquereau à 130.000 tonnes en 2010 (par rapport à son quota traditionnel de 108.000 tonnes selon l’accord de 1999 signé par l’UE, l’Islande, la Norvège et les îles Féroé - voir Europolitique n°4031). Le ministre islandais des Pêches, Jon Bjarnason, a d’ailleurs prôné le retrait de la candidature d’adhésion. Son parti, les Verts de gauche qui fait partie de la coalition gouvernementale élue après l’effondrement de l’économie il y a presque deux ans, est opposé à l’adhésion de l’UE mais s’était dit prêt à accepter que la question soit tranchée par référendum à la fin des négociations d’adhésion. A côté de l’agriculture, la pêche est l’industrie la plus lucrative de l’Islande. Dès le lancement des négociations d’adhésion, fin juillet, l’Islande avait déclaré qu’elle ne tolèrerait pas la concurrence des flottes de pêche rivales dans sa zone économique exclusive dans l’Arctique. |
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