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UE/ARYM

Les négociations d’adhésion butent toujours sur la question du nom

Par Garpard Sebag | vendredi 27 août 2010

La seule véritable question qui empêche l’ouverture des négociations de l’ancienne République yougoslave de Macédoine est et reste celle du nom de ce territoire. Un fait une fois de plus reconnu lors de la 7e session du Conseil de stabilisation et d’association entre l’ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) et l’UE, à Bruxelles le 27 juillet. A l’issue de cette réunion, le commissaire à l’Elargissement Stefan Füle s’est toutefois déclaré «  rassuré » en ce qui concerne le processus de réforme – dont il admet avoir craint en début d’année 2010 le ralentissement - est estime qu’il existe un nouvel élan en faveur de l’adhésion.

Pour Antonio Milososki, ministre des Affaires étrangères de l’ARYM : «  la priorité de son pays est de se rapprocher de l’Union européenne, l’ouverture des négociations d’adhésion et devenir un membre à part entière de l’UE dans un proche avenir ». Steven Vanackere, ministre belge des Affaires étrangères et président du Conseil, a souligné pour sa part avoir noté «  un engagement fort » du gouvernement macédonien pour ouvrir des négociations dès que possible. Le Conseil a par ailleurs pris acte des intentions de l’ARYM de faire des réformes supplémentaires, notamment dans les secteurs de la magistrature, de l’administration publique, de la lutte contre la corruption et de l’économie.

Enfin, Stefan Füle a qualifié l’ex-République yougoslave de Macédoine d’«  exemple » pour la région en ce qui concerne la façon dont une société multiethnique peut prospérer. MM Vanackere et le commissaire tchèque ont insisté sur le fait que, après avoir établi la démarcation de sa frontière avec le Kosovo, l’ARYM est le premier pays de l’ex-Yougoslavie à avoir atteint cet objectif avec tous ses voisins.

DOUBLE RETARD

Dans son avis sur l’élargissement rendu en 2009, la Commission a soutenu l’ouverture de négociations d’adhésion avec l’ARYM, pays candidat depuis décembre 2005. Une position basée sur l’estimation que le pays avait traité les priorités essentielles du partenariat pour l’adhésion et qu’il respecte suffisamment les critères politiques d’adhésion à l’UE.

Mais en raison des réserves exprimées par la Grèce à cause du différend qui l’oppose de longue date à l‘ARYM sur la «  question du nom », les dirigeants de l’UE ont reporté à deux reprises, en décembre 2009 et en juin 2010, leur décision sur l’ouverture des négociations d’adhésion. «  Le statut de pays candidat, sans processus d’adhésion, n’a pas été conçu pour être une salle d’attente sans issue », a déclaré M. Füle, tentant ainsi de rassurer le ministre macédonien des Affaires étrangères. Toutefois, M. Milosoki est bien conscient du fait que l’ouverture des négociations dépendra de la capacité d’Athènes et de Skopje de trouver un accord sur la question du nom. Aussi, le ministre macédonien a-t-il lancé un appel «  à un certain degré de pragmatisme » et à une «  vision à long terme » pour le développement de la région pour résoudre ce qu’il considère comme un « un litige relatif au nom plutôt irrationnel ».

Dans son programme, la présidence belge s’est engagée à encourager la conclusion d’un consensus au sein du Conseil en ce qui concerne l’ouverture des négociations d’adhésion avec Skopje.

Rèpère

La Grèce a bloqué la reconnaissance internationale de la Macédoine sous ce nom depuis 1991, faisant valoir qu’il appartient exclusivement à l’héritage historique national grec. Deux ans après son indépendance, la Macédoine a été admise à l’Organisation des Nations Unies (1993) sous le nom provisoire de l’ex-République yougoslave de Macédoine. Le nom a depuis fait l’objet de négociations entre Athènes et Skopje, sous les auspices des Nations Unies. Athènes, qui a déjà empêché l’admission de l’ARYM à l’OTAN, peut également bloquer l’ouverture des négociations d’adhésion de l’UE, qui requiert l’unanimité des 27. Le Premier ministre macédonien Nikola Gruevski a admis récemment qu’il n’y avait eu aucun progrès sur cette question du nom lors de la dernière session de négociations avec la Grèce qui s’est tenue en avril.



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