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UE/Kosovo

Le Parlement prône la pleine reconnaissance du Kosovo

Par Joanna Sopinska | jeudi 08 juillet 2010

Le Parlement européen invite les cinq pays de l’UE qui ne l’ont pas encore fait à reconnaître le Kosovo, afin que les politiques de l’UE aient un impact sur l’ensemble de sa population. Dans une résolution d’Ulrike Lunacek (Verts-ALE, Autriche) adoptée le 8 juillet en session plénière à Strasbourg, les députés disent qu’ils «  se féliciteraient de la reconnaissance par tous les États membres de l’indépendance du Kosovo ». Ils insistent également sur le fait que le Kosovo, comme d’autres pays des Balkans occidentaux, devrait bénéficier de la perspective d’une éventuelle libéralisation des visas.

À ce jour, 69 pays, dont 22 membres de l’UE, ont reconnu le Kosovo. En raison de réserves émises par les cinq États membres qui n’ont pas officiellement accepté la sécession du Kosovo de la Serbie (Bulgarie, Chypre, Grèce, Slovaquie et Espagne), l’UE a adopté une approche « neutre » vis-à-vis de Pristina, tout en confirmant que, comme les autres pays des Balkans occidentaux, il peut viser l’adhésion à l’UE. Cette divergence au sein de l’UE a empêché ce nouvel Etat de progresser dans son processus d’intégration européenne, puisque toute nouvelle étape doit être avalisée à l’unanimité des Vingt-sept.

Les députés soulignent que l’ouverture d’un dialogue sur l’exemption de visa rendrait plus tangibles les avantages de la coopération avec l’Union pour les citoyens du Kosovo. Ils demandent donc à la Commission de communiquer à Pristina toutes les mesures à prendre en vue de la préparation d’une feuille de route sur la libéralisation des visas et de définir cette feuille de route « immédiatement »après que ces mesures auront été prises. A côté de l’Albanie et la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo est le seul pays des Balkans occidentaux qui ne jouisse pas encore d’une exemption de visa avec l’UE.

Une partie importante de la résolution est consacrée à l’attitude de la Serbie envers le Kosovo. Admettant que «  la reconnaissance du Kosovo » n’est pas actuellement une «  option politique viable pour le gouvernement serbe », les députés invitent Belgrade à se montrer «  pragmatique sur la question du statut ». Le Parlement critique le fait que Belgrade soutienne des structures parallèles dans les enclaves à domination serbe du Kosovo. Il demande aussi à la Serbie de s’abstenir de bloquer l’adhésion du Kosovo à des organisations internationales (le Kosovo a déjà été admis, entre autres, à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international).

RÉFORMES INTERNES

Les députés exhortent le gouvernement kosovar à accélérer ses réformes dans les prochains mois. «  2010 est une année cruciale » pour ce qui concerne les réformes dans les secteurs prioritaires tels que la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, la décentralisation et la réforme de l’administration publique, dit la résolution. Les députés soulignent d’ailleurs leur «  extrême préoccupation » face à la corruption généralisée, qui reste «  l’un des plus grands problèmes au Kosovo avec le crime organisé ».



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