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UE/Serbie

Le Conseil recommande d’approuver la candidature de Belgrade

Par Lénaïc Vaudin d’Imécourt | mardi 28 février 2012

Les Vingt-sept ont finalement recommandé d’accorder le statut de pays candidat à la Serbie, après que la Roumanie a, de manière inattendue, bloqué les débats au Conseil Affaires générales du 28 février. Il s’agit d’un accord de principe, la décision revenant aux chefs d’Etat et de gouvernement.

On pensait que la Serbie obtiendrait ce statut pratiquement sans discussions, après l’accord historique conclu avec Pristina le 24 février. Car avec cet accord, Belgrade a respecté une condition imposée par le Conseil en décembre 2011.

Le 27 février, après avoir participé au Conseil Affaires étrangères à Bruxelles, le ministre français Alain Juppé avait même déclaré aux journalistes qu’aucun Etat membre n’était opposé à la candidature de la Serbie. «  Il y a eu un accord aujourd’hui », a-t-il dit. «  Au moins, il n’y a pas eu d’objections », a-t-il ajouté. Le président serbe, Boris Tadic, et la Haute représentante de l’UE, Catherine Ashton, s’étaient exprimés avec le même optimisme le 27 février en conférence de presse.

Selon des diplomates, la Roumanie n’a cessé de faire objection à la candidature de la Serbie en raison de craintes concernant le traitement de la minorité roumaine Vlach dans l’ancienne Yougoslavie. La Pologne et la Lituanie ont, dans un premier temps, la Roumanie mais ont vite accepté de rejoindre le camp des 24 Etats membres soutenant la candidature de la Serbie.

Un haut fonctionnaire européen a déclaré que Bucarest voulait reporter le débat jusqu’au Conseil européen des 1er et 2 mars, un sommet qui ne devait initialement qu’approuver formellement la décision ministérielle. «  La Roumanie veut reporter les débats jusqu’au sommet, mais d’autres s’y opposent et tenteront de résoudre le problème aujourd’hui », a déclaré le ministre néerlandais des affaires étrangères, Uri Rosenthal, à la presse entre deux réunions. «  Pas très digne quand des pays soulèvent des questions sans rapport alors que nous tentons de faire évoluer la Serbie et le Kosovo », a déclaré le ministre Carl Bildt sur twitter, accusant ces pays de manquer «  d’esprit européen ».

La Roumanie avait insisté tout d’abord pour qu’il soit fait référence au statut de la minorité Valch en Serbie dans les conclusions du Conseil. Mais une fois cette condition obtenue, la délégation roumaine s’est opposée à la formulation du texte. «  On ne sait pas vraiment ce qu’ils veulent », a commenté un autre diplomate.

«  La Serbie et la Roumanie partagent une longue tradition de relations amicales, mais les remarques qui ont été faites aujourd’hui sont injustifiées », a déploré le président serbe.

Selon plusieurs sources européennes, la vraie raison de ce blocage est que la Roumanie souhaite que la question de son inclusion dans l’espace Schenghen soit soulevée durant le sommet de mars.

L’octroi du statut de pays candidat à la Serbie est un «  signal politique fort, mais dans la pratique rien ne changera », a dit une source européenne à Europolitique. Il peut encore s’écouler des mois, voire des années, avant l’ouverture des négociations.



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