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Commerce : les partenaires transatlantiques à la croisée des chemins

Par Brian Beary à Washington | jeudi 18 novembre 2010

L’incapacité de l’UE et des Etats-Unis à progresser de manière significative dans le domaine des opportunités commerciales depuis l’arrivée au pouvoir du président Obama en janvier 2009 est surprenante. Les circonstances économiques - la plus grande récession mondiale depuis les années 1930 - n’aident pas. Dans les premiers mois qui ont suivi la crise financière de l’automne 2008, le plus grand succès remporté par les deux parties a été simplement d’empêcher l’érection de nouvelles barrières commerciales. Les Américains ont persuadé le Congrès américain de laisser tomber la loi protectionniste Buy American envisagée par des législateurs un peu nerveux.

Lors du sommet du 20 novembre, les dirigeants devraient discuter de la levée des obstacles réglementaires au commerce transatlantique. Le monde des affaires les exhorte à insuffler un ballon d’oxygène au Conseil économique transatlantique (CET), créé en avril 2007 par le prédécesseur de M. Obama, George W. Bush, et la chancelière allemande Angela Merkel. La plupart des obstacles au commerce entre l’UE et les Etats-Unis sont d’ordre réglementaire. Ils prévalent surtout dans le secteur de l’alimentation où ils proviennent pour la plupart des restrictions européennes aux importations de cultures génétiquement modifiées, de boeuf traité aux hormones, et de volailles lavées à l’eau chlorée. L’engagement de M. Obama envers le CET et l’augmentation des échanges commerciaux bilatéraux avec l’UE a été timide. Le président américain semble davantage concerné par d’autres problèmes, comme la domination chinoise sur le marché mondial des exportations.

Si une relance du CET ne peut pas faire de tort, il est peu probable que cet organe permette à lui seul d’atteindre des résultats spectaculaires et rapides. Certains commencent à avancer l’idée d’une suppression de tous les droits de douane européens et américains sur les échanges bilatéraux de produits. Ces droits ne sont pas particulièrement élevés (5 à 7 % en moyenne). Mais selon une étude du European Centre for International Political economy, leur suppression serait profitable économiquement, et pourrait, par exemple, relancer les exportations européennes vers les Etats-Unis de 7 à 18 %.

Alors que les dirigeants européens seraient probablement favorables à un projet de libre-échange, le climat politique à Washington y est hostile. Il y a une certaine lassitude à l’égard de ces accords de libéralisation commerciale, qui s’explique par le fait que le gouvernement Bush en a signé beaucoup, qui n’ont pas encore été ratifiés par le Congrès. Le parti démocrate est le plus protectionniste et il faudra voir si l’arrivée des Républicains à la Chambre (qui ont remporté les élections de novembre) changera la donne. Pour ce qui concerne le cycle de Doha, l’attitude qui prévaut au Capitole explique pourquoi, au niveau international, le cycle de Doha n’a pas bougé d’un pouce depuis l’entrée en fonction de M. Obama.



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