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énergie

Nabucco : actionnaires et parties prenantes signent un accord

Par Dafydd ab Iago | lundi 06 septembre 2010

Un jalon important pour le projet de gazoduc Nabucco a été posé le 6 septembre. Les actionnaires et les parties prenantes du projet se sont retrouvés à Bruxelles pour signer une «lettre de mandat». S’il ne s’agit pas encore à ce stade d’un engagement contractuel, ses signataires devraient apporter au total 4 milliards d’euros : il s’agit de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque européenne d’investissement (BEI), la Société financière internationale (SFI) du Groupe de la Banque mondiale, ainsi que des actionnaires de Nabucco et Nabucco Gas Pipeline International GmbH. Le directeur du consortium Nabucco, Reinhard Mitschek, a estimé que cette signature était une étape important pour le projet de gazoduc.

La lettre contient des informations sur le niveau potentiel de financement et indique le travail nécessaire avant la prise de décision finale. Elle précise les conditions dans lesquelles les trois institutions financières internationales mèneront leur évaluation du projet. Celles-ci ont tenu à souligner que cette estimation incluait une évaluation « complète» de tous ses aspects : commerciaux, mais aussi sociaux et environnementaux.

Le financement se ventile comme suit : 2 milliards d’euros provenant de la BEI, 1,2 milliard d’euros de la BERD, et 800 millions de la SFI. Le consortium espère obtenir les engagements en 2011. M. Mitschek a reconnu ne pas avoir encore reçu un engagement «   détaillé» quant à l’investissement des organismes financiers, mais « l’attente générale» est que les financiers arrivent à conclure un accord. Il prévoit le lancement de la «saison ouverte» (durant laquelle les transporteurs de gaz s’engagent contractuellement vis-à-vis de l’infrastructure) à la fin de l’année ou durant le premier trimestre 2011.

Selon M. Mitschek, l’Azerbaïdjan prépare un appel d’offres pour la fourniture du gaz à l’Europe, tout comme l’Irak. « Nous voulons diversifier nos sources d’approvisionnement en gaz. L’Azerbaïdjan, le Turkmenistan et l’Irak voient de gros avantages à diversifier leurs exportations», a poursuivi M. Mitschek. Une fois que les premiers fournisseurs auront été déterminés, il pense que « d’autres suivront très vite ». Il prévoit que la capacité de 31 milliards de m³ sera atteinte rapidement.

Le projet de gazoduc Nabucco, soutenu par l’UE, a passé récemment une phase de «pré-qualification» pour la passation de marché d’articles à long délai de mise en oeuvre. La valeur de ces éléments nécessaires à la construction du gazoduc a été estimée à près de 3,5 milliards d’euros. Nabucco compte parmi les 31 projets de gazoducs sélectionnés par la Commission européenne, le 4 mars, dans le cadre du Programme européen de relance économique. Nabucco a bénéficié de 200 millions d’euros (sur les 3,98 milliards d’euros prévus pour les projets énergétiques).

Les signataires devraient apporter au total 4 milliards d’euros  

Repère

Le gazoduc Nabucco, long de 3.300 km, s’étendra de la Turquie à Vienne (plate-forme de Baumgarten), via la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie. La construction du gazoduc de 31 milliards de m³ devrait démarrer fin 2011, selon les prévisions, avec un premier flux de gaz en 2014. D’autres, notamment le commissaire à l’Energie Günther Oettinger, jugent l’échéance de 2018 plus réaliste. Le projet a pour but d’améliorer sa sécurité de l’approvisionnement en gaz dans la région, mais aussi en Europe occidentale, en donnant accès à de nouvelles sources de gaz. La compagnie a évalué (en 2008) le coût du gazoduc à 7,9 milliards d’euros. Nabucco est considéré comme un concurrent aux divers projets de gazoducs russes, notamment North Stream et South Stream. Les études environnementales et sociales ainsi que les demandes de permis de construire dans les pays concernés par le projet Nabucco sont encore en cours. Le problème majeur reste toutefois l’approvisionnement en gaz.



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