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Politiques sectorielles / Politiques sectoriellesImprimer l'article | ![]() UE/ONU/BiodiversitéLes pertes de biodiversité ont un coût à gérer d’urgencePar Anne Eckstein | jeudi 09 septembre 2010
Il faut agir rapidement si l’on ne veut pas avoir à payer un prix exorbitant du fait des pertes de biodiversité, que ce soit au niveau local, national, européen ou mondial. Tel est le constat de la conférence organisée les 8 et 9 septembre, à Gand, par la présidence belge de l’UE sur le thème des coûts induits par les pertes de biodiversité. Une évaluation confortée par le rapport publié le 9 septembre simultanément en Belgique, au Brésil, en Inde, au Japon et en Afrique du Sud, par le TEEB sur l’économie des écosystèmes et le rôle à assumer par les collectivités locales, partout dans le monde. A l’issue de cette conférence, organisée à la veille de la 10e Conférence des parties à la Convention des Nations unies sur la biodiversité qui se tiendra à Nagoya (Japon) du 18 au 29 octobre 2010, les participants ont publié un « Message pour Nagoya », qui reprend les principales recommandations de l’UE en vue de cette conférence (détail dans un prochain numéro). Ces recommandations sont basées sur les conclusions adoptées le 15 mars 2010 par le Conseil Environnement (1). Le Conseil y développe une vision à long terme (d’ici 2050) avec pour objectif de mettre fin aux pertes de biodiversité d’ici 2020. Ambitieux, puisque l’UE n’a pu atteindre les objectifs 2010 (réduire de manière significative ces pertes). La Conférence suggère dès lors, pour l’avenir, une meilleure intégration de la biodiversité dans les politiques sectorielles, une augmentation structurelle des fonds alloués à la sauvegarde de la biodiversité, l’élaboration de synergies entre les politiques climatiques et de biodiversité, la réduction de l’écart entre science et politiques et une augmentation des efforts de l’UE pour préserver la biodiversité. La conférence était organisée sous forme d’ateliers centrés sur trois thèmes : 1) la biodiversité dans un environnement urbain ; 2) méthodes d’évaluation pour la valorisation des services écosystémiques ; et 3) définition d’objectifs pour une politique de la biodiversité au-delà de 2010. Ces débats coïncident avec le lancement, le 8 septembre par la Commission d’une consultation publique sur le sujet en vue de l’élaboration d’une nouvelle stratégie pour la biodiversité qu’elle compte présenter d’ici la fin de l’année, après la Conférence de Nagoya pour, précise la Commission, y intégrer les décisions qui y seront prises. LES AUTORITÉS LOCALES ONT UN RôLE À JOUERLes autorités locales peuvent dynamiser l’économie, améliorer la qualité de vie des habitants et créer des emplois tout en économisant de l’argent si elles tiennent compte des services liés aux écosystèmes dans l’élaboration de leurs politiques, conclut le groupe d’étude baptisé « L’économie des écosystèmes et de la biodiversité » (TEEB, The Economics of Ecosystems and Biodiversity). Le rapport du TEEB, intitulé « L’économie des écosystèmes et de la biodiversité pour les décideurs politiques locaux et régionaux » (2) montre à quel point les villes dépendent de la nature, et révèle comment les services liés aux écosystèmes peuvent fournir des solutions rentables aux services municipaux. Le rapport recommande entre autres d’inclure des systèmes de rétribution des services rendus par les écosystèmes, d’élaborer des lignes directrices visant à récompenser une bonne gestion du patrimoine naturel local, ainsi que de mettre en place des processus de certification et de labellisation. Il met également en évidence trois points fondamentaux qui doivent être pris en considération pour que le patrimoine naturel puisse contribuer au développement local : 1. Répartir équitablement les droits d’accès aux ressources naturelles. Les changements de politiques ont souvent des conséquences sur l’accès aux services ou leur distribution, et ce problème doit être pris en compte au cours du processus décisionnel. 2. Utiliser au mieux les compétences scientifiques et pratiques disponibles, afin d’établir un langage commun capable de prendre en compte différents points de vue. 3. Impliquer les acteurs concernés tout au long du processus de manière à définir les priorités et à concevoir des politiques locales réalistes et efficaces. (1) Disponibles sur www.europolitique.info > recherche = 278247 (2) Disponible sur http://www.teebweb.org/ |
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