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Industrie

Le numérique, un marché de l’emploi en plein bouleversement

Par Alain Bloëdt | lundi 17 janvier 2011

Si la contribution du numérique à la productivité européenne ne fait plus de doute, son impact sur l’emploi reste bien moins aisé à déterminer en raison de son intégration à tous les niveaux de la société, mais aussi de la difficulté à apprécier le solde entre nouveaux emplois et tâches supprimées avec l’arrivée de ces technologies.

Le 7 août, au cœur de l’été, la commissaire en charge de l’Agenda numérique, Neelie Kroes, déclarait dans les colonnes du quotidien belge De Standaard que « les études les plus récentes montrent qu’un développement plus rapide des technologies du haut débit peut créer un million d’emplois ». Soit, précisait-elle, « une croissance de 850 milliards d’euros d’ici 2015 ». Si la Stratégie numérique adoptée le 19 mai dernier par la Commission européenne se voulait ambitieuse en termes de contribution à la croissance économique, elle se montrait discrète en termes de créations d’emplois.

Après enquête, le chiffre d’un million n’est pas neuf. C’est une prévision basée sur le solde positif de création d’emplois en 2006 (105 000 emplois en Europe), tirée d’une étude réalisée pour la Commission il y a deux ans. En raison de sa rondeur et de sa taille, le chiffre n’a probablement pas laissé indifférente une commissaire qui sait comme tout bon politique combien les chiffres sont un élément clé d’une bonne communication. Ce que confirme tout en nuançant, le porte-parole de Neelie Kroes. Le haut débit, explique Jonathan Todd, « est un catalyseur de nombreuses autres applications et un effet multiplicateur pourrait entraîner un impact significatif sur la croissance et l’emploi ».

SECONDE RÉVOLUTION INDUSTRIELLE

Chacun peut le constater, les technologies de l’information et de la communication font parties de notre quotidien. Pour s’en convaincre, il suffit d’imaginer la situation si une panne généralisée de tous les microprocesseurs se produisait. Toute l’activité socio-économique s’arrêterait : plus de téléphone, ni de tri de courrier, les opérations bancaires et les chaînes de production seraient stoppées, les transports seraient désorganisés et tous les outils dont nous nous servons quotidiennement, la voiture, le fax et même la machine à laver seraient en panne.

La seconde révolution industrielle, née avec l’arrivée de l’ordinateur, a donc totalement irrigué la société. Les transformations induites par les TIC se sont déployées en plusieurs étapes comme le rappelait dans un colloque Anne De Beer, Docteur en sociologie des sciences de l’information et de la communication : « On a d’abord assisté à une modification du contenu et de l’organisation du travail, puis à un déplacement d’une partie des emplois touchés par les gains de productivité vers d’autres activités ou métiers en développement ».

Il s’agit donc, pour ces experts, d’aborder la question des nouvelles technologies et de l’emploi non pas de manière quantitative, mais qualitative. Autrement dit, en termes d’évolution des métiers existants vers de nouvelles activités. Un bon exemple se situe, soulignent-ils, au niveau de l’utilisation de la téléphonie qui a permis de créer des services aussi variés que l’assistance technique pour l’installation d’un PC, les prises de rendez-vous médicaux, la vente de produits ou les levées de dons dans le cadre de campagnes humanitaires. Malheureusement pour les employés de ce secteur, le développement des TIC s’est poursuivi. Cela a entraîné ces dernières années, par exemple, des délocalisations de standards et centres d’appels vers des pays tels que le Maroc, le Sénégal pour les francophones et l’Inde ou les Philippines pour les anglophones, en raison du prix de la main-d’œuvre et des coûts d’installation et de fonctionnement.

« Un développement plus rapide des technologies du haut débit peut créer un million d’emplois »

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