Pologne
La Pologne pour une « Union politique forte »
Par Jakub Iwaniuk à Varsovie | mercredi 04 avril 2012
Dans un document présentant les priorités de la politique étrangère du pays pour 2012-2016, le Conseil des ministres polonais retient la politique européenne comme principale priorité mais critique la situation de l’Union, déplore un «
manque de vision dans le sens de l’intérêt général communautaire » et souligne un «
risque de renationalisation » de certaines politiques européennes. Le gouvernement regrette également la tendance à créer «
un directoire » de certains Etats membres, voire une intensification des travaux dans le cadre exclusif de l’Eurogroupe, ce qui constituerait «
une menace réelle pour le projet d’intégration ».
«
Nous voudrions remplir les critères de convergence de l’eurozone d’ici 2015,a déclaré le 27 mars, devant le parlement polonais le ministre des affaires étrangères, Radoslaw Sikorski.
Il est aussi dans l’intérêt de la Pologne de participer au cercle restreint d’intégration des Etats qui utilisent la monnaie unique ». Le document souligne par ailleurs «
la nécessité d’améliorer le fonctionnement de la zone euro » de manière à ce que son architecture «
ne creuse pas de fossé entre les Etats membres et non membres ».
Le document plaide pour «
une Pologne forte dans une Union politique forte », avec la volonté «
d’approfondir la construction communautaire, aussi bien d’un point de vue politique qu’économique. » Le gouvernement polonais souhaite ainsi renforcer le rôle des institutions communautaires, dont celui de la Commission européenne. «
Dans sa conception finale, il est souhaitable que l’UE prenne la forme d’une Union politique » indique le texte.
Fidèles à leur position, les Polonais militeront aussi pour un «
budget européen ambitieux » mettant l’accent sur la politique de cohésion et le réajustement des aides directes aux agriculteurs entre l’Ouest et l’Est dans le cadre de la Politique agricole commune.
DÉFENSE
Les Polonais accorderont une attention particulière à la politique européenne de défense «
autonome et complémentaire à l’OTAN ». Ils disent leur volonté d’intensifier l’impulsion politique donnée par le triangle de Weimar (France, Allemagne et Pologne, rejoint par l’Italie et l’Espagne) à la politique européenne de défense. Le ministre Sikorski réitère ses regrets face aux réticences britanniques sur ce dossier et dit sa volonté de créer d’ici 2016, dans le cadre du groupe de Visegrad (Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Hongrie) un «
groupement de combat Visegrad », perçu comme un «
apport régional » au développement des capacités militaires de l’UE.
Enfin, le gouvernement polonais se prononce pour la poursuite du processus d’élargissement : «
La crise économique ou le protectionnisme à court terme ne devraient pas être un prétexte pour geler le processus (…). Dans une perspective de long terme, les pays du Partenariat oriental
(1)
devraient avoir une perspective d’intégration. n»
(1)
Ukraine, Biélorussie, Moldavie, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan