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Politiques sectorielles / Politiques sectoriellesImprimer l'article | ![]() UE/ONU/ClimatL’idée d’un Fonds « vert » en faveur des pays pauvres progressePar Anne Eckstein | lundi 06 septembre 2010
Il faudra sans doute attendre la prochaine réunion préparatoire formelle, prévue du 4 au 8 octobre, en Chine, pour savoir si les « convergences» sur la création d’un fonds « climat » en faveur des pays les plus vulnérables, enregistrées par les 46 pays réunis les 2 et 3 septembre à Genève, pourront être traduites en avancées réelles, à même de débloquer la négociation internationale et d’ouvrir des nouvelles perspectives pour la Conférence des parties à la convention climat et au protocole de Kyoto de Cancun (décembre). Les participants ont également fait le point sur les sources innovantes de financement. C’est dans ce cadre que Connie Hedegaard, commissaire européen responsable pour le climat, a souligné qu’ « il sera difficile, en temps de crise économique, de ne compter que sur des financements publics». Mme Hedegaard a défendu avec vigueur le principe d’un apport de fonds privés par le biais, entre autres, d’un marché du carbone fort et de dimension mondiale et a insisté sur la nécessité de revoir, modifier et améliorer le mécanisme de développement propre (qui permet à des entreprises et/ou pays industrialisés d’investir dans des technologies propres dans les PVD en échange de crédits d’émission). Cette session de travail informelle, organisée à l’initiative conjointe du Mexique (hôte et président de la Conférence de Cancun) et de la Suisse, a donc permis de faire émerger un soutien grandissant à l’idée d’un fonds destiné à rassembler 100 milliards de dollars par an, d’ici 2020, pour aider les pays vulnérables à faire face au changement climatique. Ce montant, dont le point de départ est un engagement de débloquer 30 milliards sur la période 2010-2012, a été promis lors de la conférence « climat » de Copenhague en décembre 2009. Une première tranche que les pays industrialisés tardent à concrétiser, poussant les PVD à l’impatience et bloquant toute avancée de la négociation internationale. Pays industrialisés, émergents et en développement, l’admettent : « une grande convergence»est apparue sur le sujet, au point que la ministre mexicaine des Affaires étrangères, Patricia Espinosa, s’est dite optimiste : « Nous pensons que nous serons à même d’établir ce Fonds à Cancun, fonds qui constituera le mécanisme financier des négociations», a-t-elle expliqué, reconnaissant toutefois à demi-mots qu’il y avait encore du pain sur la planche pour concrétiser ce projet. « Nous devons encore définir les détails (...) il est possible que nous ne parviendrons pas à finaliser 100% de ces détails à Cancun », a-t-elle admis. « Cela doit faire partie du paquet global de négociations », a prévenu, prudent, l’envoyé spécial américain, Todd Stern. Même si le fonds n’est pas totalement finalisé à Cancun, les participants au « Dialogue de Genève » ont reconnu que la question des finances était « un des points centraux » sur lequel il sera possible d’avancer au Mexique. Pour Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la Convention climat, « il s’agit ni plus ni moins de la clé des actions qui pourrons être débloquées ». PUBLICITÉ DES FONDS DÉBLOQUÉSPremier geste concret : le Royaume-Uni, le Danemark, les Pays-Bas, la Norvège et la France ont décidé de participer à un site internet (1)détaillant les contributions de chacun à la première tranche de 30 milliards de dollars. On y apprend que 2,5 milliards d’euros ont été réunis jusqu’à présent par ces cinq pays et que l’Allemagne a, pour sa part, promis 1,26 milliard d’euros. Les bénéficiaires en sont, selon le site, 27 pays pauvres dont le Bengladesh, le Brésil, l’Ethiopie, l’Inde, l’Indonésie, le Maroc, les Philippines. « C’est un premier pas qui apportera la confiance que les promesses sont tenues », a souligné la ministre de l’Environnement des Pays-Bas, Tineke Huizinga, pour qui « beaucoup plus de pays s’inscriront sur le site avant Cancun». « Les Etats-Unis vont transmettre des informations pour ce site internet», a ainsi prévenu Todd Stern alors que Christiana Figueres a salué cette initiative, estimant « particulièrement urgent d’avoir des clarifications sur les sources de financement et leur utilisation pour rétablir la confiance des gouvernements ». (1) www.faststartfinance.org |
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