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Institutions / Parlement européenImprimer l'article | ![]() Parlement/AbsentéismeRétropédalage des chefs de groupes face à la fronde des députésPar Célia Sampol à Strasbourg | mardi 07 septembre 2010
Pour garantir la présence d’un maximum d’eurodéputés lors du premier discours sur l’état de l’Union du président de la Commission le 7 septembre à Strasbourg, les chefs de groupes avaient demandé de sanctionner financièrement les absents... Avant de finalement renoncer à cette idée face à la levée de boucliers d’une partie des parlementaires. La question de l’absentéisme a une fois de plus défrayé la chronique lors de la plénière de rentrée. A l’origine, la décision à l’unanimité de la Conférence des présidents du 2 septembre de contraindre les députés à assister au « très important » débat sur l’état de l’Union avec José Manuel Barroso, le premier sous ce format et cette appellation depuis le renouvellement de l’accord-cadre entre le Parlement et la Commission mais aussi depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne qui établit un nouvel équilibre institutionnel. La symbolique et le cérémonial étaient de mise pour l’occasion, Barroso devant même prendre la parole depuis le pupitre central destiné aux chefs d’Etat. Pour vérifier les présences, il avait été décidé qu’à trois reprises lors de la discussion les parlementaires devraient insérer leur carte de vote dans les machines prévues à cet effet. Les absents, qui n’auraient pu le faire, se verraient retirer un quart de leurs indemnités journalières soit près de 70 euros. Cette pratique existe depuis une dizaine d’années mais s’applique uniquement aux séances de vote en plénière. Les leaders politiques comptaient donc montrer que cette rencontre particulière avec le chef de l’Exécutif était « au moins aussi importante qu’un vote » et pensaient imposer leurs vues sans consulter leurs troupes. C’était aller un peu vite en besogne. Le 6 septembre, en ouverture de séance, une petite révolution avait déjà pris forme dans l’hémicycle et le président du Parlement a fait face à une fronde des députés. Le PPE allemand Bernd Posselt a notamment conspué ce « genre de méthodes indignes de parlementaires librement élus » alors que la Baronne Sarah Ludford, du groupe libéral, a dénoncé cette « farce », cette « erreur de relation publique » car l’opinion publique risque de croire « que les députés sont présents que parce qu’ils sont payés pour écouter le président de la Commission ». Des interventions lourdement applaudies à tel point que le chef du PPE, le Français Joseph Daul, a entamé un premier rétropédalage en reconnaissant une décision « peut-être trop rapide » et en appelant les groupes à en rediscuter. Il a néanmoins souligné que la Conférence des présidents avait proposé cette mesure car « combien de fois avons-nous tenu des débats avec Barroso, les 27 commissaires, les chefs de groupes, et une sale vide! ». Le dossier a été confié au Bureau (le président et les quatorze vice-présidents du PE) qui a tranché le soir même en faveur de l’abandon. Un camouflet pour les leaders des groupes, surtout du PPE et du S&D, et au final l’hémicycle s’est avéré plutôt bien fourni lors du débat (lire article séparé). n |
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