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Parlement/Commission

Les députés reprochent à Barroso de s’être rangé du côté du Conseil

Par Gaspard Sebag | mardi 07 septembre 2010



Après son discours sur l’état de l’Union, à la plénière du 7 septembre à Strasbourg, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso s’est vu critiqué de toutes parts par les leaders des groupes politiques. Qu’il s’agisse de la crise économique et financière ou du dossier des Roms, il s’est vu reprocher d’avoir pris parti pour les Etats membres au lieu de rester fidèle aux méthodes communautaires.

La Commission et le Parlement ont semblé parler une autre langue le 7 septembre.

D’une part, M. Barroso a détaillé les cinq défis des douze mois à venir: combattre la crise et améliorer la gouvernance économique; relancer la croissance pour l’emploi en accélérant la mise en œuvre du programme de réformes « Europe 2020 »; construire un espace de liberté, de justice et de sécurité; lancer les négociations en vue de la modernisation du budget de l’Union, et assumer la part de responsabilité de l’UE dans le monde.

D’autre part, les chefs de groupes ont demandé au président de la Commission des comptes pour le mauvais état actuel de l’Union. Les députés attendaient manifestement autre chose du discours de M.Barroso : non pas un inventaire de ses réalisations, mais une « intervention politique forte » axée sur les projets d’avenir.

L’autosatisfaction du Portugais est mal passée. Même Joseph Daul (France), le chef de file du parti de Barroso, le Parti populaire européen, a plaidé pour que la Commission fasse preuve d’initiative avec des propositions plus provocatrices. Pourtant, les initiatives pour la prochaine année étaient justement au coeur du discours de Barroso. Il a annoncé pour le 29 septembre des propositions sur la gouvernance économique axées sur le renforcement du pacte de stabilité et de croissance, via davantage de surveillance. Le président a aussi annoncé des propositions de taxes sur les transactions financières à l’automne pour réformer entièrement le secteur financier d’ici la fin 2011. Le leader des socialistes et démocrates Martin Schulz, attendra avec impatience ces propositions. « Je veux entendre de votre bouche comment nous allons combler l’écart entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas », a déclaré l’Allemand.

Enfin, José Manuel Barroso a cité la possibilité de créer des emprunts obligataires européens, pour financer les grands projets européens d’infrastructure (lire le focus).

DIRECTION FRANCO-ALLEMANDE

L’attaque la plus virulente de Martin Schulz contre M.Barroso a porté sur le virage d’une UE intergouvernementale. « Depuis trop longtemps, vous faites des concessions à une direction franco-allemande qui dirige actuellement le Conseil », a déclaré le socialiste en référence à l’accord sur la crise financière grecque. Avec Daniel Cohn-Bendit (Verts/ALE, France) se faisant l’écho de ces récriminations, M.Schulz a invité M.Barroso à « combattre l’intergouvernementalisme rampant » et « ceux qui veulent renationaliser l’Europe ».

Dans le cadre de la crise économique et financière dans laquelle l’UE se débat toujours, la création d’emplois a été au centre du discours. La croissance pour l’emploi est la priorité absolue de l’UE et un domaine où l’UE doit investir. Dans ce contexte, la question du budget et du nouveau cadre financier - que Guy Verhofstadt juge capitale - est cruciale. Pour rappel, une grande majorité d’eurodéputés plaident pour un budget européen renforcé. Concernant le cadre financier, le commissaire portugais a offert d’examiner un cadre décennal avec une examen à mi-parcours. Se refusant à tourner autour du pot, M. Daul a jugé opportun que l’Europe dispose de ses ressources propres. « La question d’une taxe européenne ne doit pas être tabou ».Mais selon le président socialiste, deux tiers des membres du Conseil sont hostiles à ce que se créent des ressources propres pour l’UE.

Guy Verhofstadt (ADLE, Belgique) et Joseph Daul ont souligné le manque de confiance des Européens dans les institutions. Le Français a suggéré d’améliorer la visibilité de l’UE sur la scène internationale. Il a critiqué l’absence de la Haute Représentante Catherine Ashton à la table de négociations Israël/Palestine à Washington, alors que l’UE est le premier donateur dans la région.

ROMS

La plupart des chefs de groupes ont invité M.Barroso à être plus ferme dans le dossier des Roms. Seul le Britannique Nigel Farage (EFD), et dans une certaine mesure Joseph Daul, n’ont pas condamné explicitement l’inaction relative du président de la Commission. M.Daul s’est engagé à travailler main dans la main avec M.Barroso sur ce dossier. Une autre réaction a dénoncé le traitement de cette affaire par la France.

La situation est « inacceptable »pour M.Verhofstadt. « Ce que fait la France va purement et simplement à l’encontre des traités européens » selon Daniel Cohn-Bendit. Le leader des Verts a directement critiqué Barroso en l’accusant d’avoir peur de critiquer explicitement la France pour sa discrimination  à l’égard des Roms. Le président de la Commission s’est prononcé contre le racisme et la xénophobie, mais sans jamais citer précisément la France.

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