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Crise économique

Comment regagner la confiance des citoyens dans l’UE ?

Par Gaspard Sebag | mardi 24 avril 2012

Interpellé par le recul de confiance des citoyens dans l’UE durant la crise économique, le médiateur européen P. Nikiforos Diamandouros, a convié les présidents des trois grandes institutions de l’UE à un séminaire sur la question, le 24 avril. Selon la Première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt des résultats concrets au niveau européen sont la clé. Le président du Parlement européen Martin Schulz attribue ce déclin à la division des pouvoirs, inexistante dans l’UE. Son homologue de la Commission José Manuel Barroso préconise davantage de leadership à tous les niveaux et une appropriation du projet européen.

«  Cette crise-ci n’a pas de réponse institutionnelle », indique Mme Thorning-Schmidt, pour qui la seule solution consiste à donner des «  résultats concrets qui font la véritable différence dans la vie des citoyens ». Et de citer la directive sur l’itinérance et l’amélioration du marché unique comme exemples de résultats concrets. Elle estime que l’UE a encore fort à faire en matière de croissance et d’emplois.

A QUI LA FAUTE ?

Sur ce point, Martin Schulz est totalement d’accord et plaide pour une «  politique de l’emploi ciblée ». Il rend les leaders européens responsables de la perte de crédibilité de l’UE aux yeux des citoyens à cause des «  deux poids deux mesures ». Il indique que d’une part, les chefs d’Etat et de gouvernement ont été prêts à mobiliser des montants énormes pour renflouer le secteur bancaire, mais pas pour contrer le chômage des jeunes. M. Barroso accuse aussi les Etats membres. «  Qui est le visage de l’Europe  ? » demande-t-il. «  C’est la Commission. C’est donc nous qu’on accuse. » Ce qu’il trouve injuste car la crise économique, loin d’être imputable à l’UE, provient du «  comportement irresponsable de certains gouvernements qui ont accepté un niveau de dette fortement insupportable, et aussi d’un comportement irresponsable du secteur financier ».

Contrairement à Mme Thorning-Schmidt, M. Schulz ne lie pas confiance publique et réponse institutionnelle. Il est d’avis que ces dernières décennies, et encore maintenant, transférer plus de pouvoirs au niveau européen se justifie mais, pour se légitimer, ce processus doit s’accompagner d’une division de pouvoirs européens, qu’il estime inexistante. Il fait par exemple valoir que le prochain président de la Commission doit être élu par le PE et que cette «  course au Berlaymont » doit être politisée. «  De la sorte, la Commission deviendra un gouvernement sans nécessairement utiliser ce terme », dit-il.

Si cela se concrétisait, cela pourrait combler un des écarts qu’épingle M. Barroso. «  L’Europe ne peut se construire qu’en termes de confiance si les dirigeants ont le courage de prendre fait et cause pour elle, de la défendre », dit-il. «  Le chaînon manquant, ici, est le leadership à tous les niveaux, l’appropriation du projet et, en même temps, la détermination politique de défendre ces valeurs », conclut le président.



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