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Parlement/Conseil

A priori positif des eurodéputés sur la présidence belge

Par Célia Sampol à Strasbourg | jeudi 08 juillet 2010

Le discours très proeuropéen du Premier ministre belge Yves Leterme a fait bonne impression sur les eurodéputés qui semblaient déjà convaincus d’avance et ont demandé au président en exercice de garantir la méthode communautaire sur la gouvernance économique et la supervision financière.

Le chrétien-démocrate flamand était venu présenter, le 7 juillet à Strasbourg, les priorités de la présidence belge qui a pris les rênes du Conseil le 1er juillet pour six mois (voir notre dossier spécial n° 4009). Dans son intervention, il a rappelé que son pays respecterait «  l’esprit et la lettre » du traité de Lisbonne «  afin de créer des précédents pour l’avenir ». «  Nous sommes sous un gouvernement en affaires courantes mais cela ne remet pas en cause notre enthousiasme », a ajouté Yves Leterme, soulignant que les neuf partis membres des gouvernements du pays ont soutenu le programme et que les services diplomatiques belges connaissent bien les rouages des institutions de l’UE. «  C’est notre douzième présidence et depuis longtemps la Belgique est proeuropéenne », a conclu le Premier ministre, qui compte collaborer avec le Parlement, cette «  force vie de l’intégration européenne ».

Face à ce discours, les députés ont en majorité exprimé leur confiance dans les capacités d’impulsion de la Belgique et dans son engagement européen historique. Le chef de file du PPE, le Français Joseph Daul, s’est réjoui de voir qu’elle n’avait pas succombé à la présentation de «  priorités catalogues » pour se concentrer sur la croissance et l’emploi, le développement d’une économie verte, la sécurité. Selon lui, «  il faudra apporter des réponses concrètes » et faire en sorte que la méthode communautaire «  s’imprime encore plus profondément au niveau de nos institutions ». «  La Belgique jette un pont vers une attitude fondamentalement proeuropéenne, c’est une chance pour nous tous », a renchéri le président du groupe socialiste Martin Schulz. Le plus grand problème en Europe reste «  l’immense déséquilibre social », il est donc indispensable de «  mieux encadrer le secteur financier » pour ne pas faire «  retomber tout le fardeau de la crise sur les épaules des travailleurs ». Le député allemand encourage ainsi la présidence à boucler les négociations sur le paquet supervision financière.

FARAGE ATTAQUE À NOUVEAU

Le leader des libéraux-démocrates, l’ex-Premier ministre belge Guy Verhofstadt, a confirmé que les présidences belges ont «  toujours tenté de favoriser l’intégration européenne ». «  C’est exactement ce dont nous avons besoin aujourd’hui », a-t-il poursuivi, réclamant que la présidence mène cinq dossiers à bon port : l’assainissement financier et la recapitalisation des banques le cas échéant, le renforcement du Pacte stabilité «  avec la Banque centrale européenne et la Commission dans le cockpit », la création d’un gouvernement économique «  en se basant sur la zone euro et avec la Commission aux manettes », des fonds réglementés et un système de supervision des banques. Sur ce dernier point, Verhofstadt appelle à créer une autorité européenne unique de supervision et à abandonner le vote à l’unanimité au Conseil sur ce paquet.

Au nom des Verts, l’Allemande Rebecca Harms a constaté qu’au-delà des besoins de supervision financière, la présidence du Conseil devra veiller à «  rétablir la confiance des citoyens dans la capacité d’action de l’UE » et ne pas «  se limiter à une politique budgétaire comme le fait l’Allemagne car cela ne permettra pas de rapiécer l’Europe et combler les fossés ». Dénotant des autres discours, le Britannique europhobe Nigel Farage s’en est pris à la Belgique «  qui n’est pas vraiment une nation » et à son gouvernement en affaires courantes «  qui n’a aucune légitimité ». Attaquant directement Yves Leterme qui «  vient faire ici le bon Belge sans connaître son hymne national », le député a martelé : «  la Belgique est le prototype de l’UE et ce prototype est en train de s’effondrer ».

Lors du débat, le président de la Commission José Manuel Barroso a en outre annoncé une série d’initiatives qui seront présentées ce semestre en matière d’emploi et d’innovation, de politique industrielle, de développement du marché intérieur, de stratégie commerciale et de révision du budget de l’UE.



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