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Economie & monnaie / Euro & UEMImprimer l'article | ![]() Zone euroPortugal : pas de deuxième sauvetage si les réformes aboutissentPar Sarah Collins | mardi 03 avril 2012
Le Portugal n’aura pas besoin d’un deuxième programme de renflouement s’il s’en tient à ses objectifs, indique Peter Weiss, haut fonctionnaire de la Commission et membre de la troïka chargée de superviser le sauvetage. « Le programme en tant que tel est très ambitieux - nous ne pensons pas que le gouvernement puisse faire plus que ce que prévoit le programme », a-t-il déclaré à la presse, le 3 avril. « Si cette performance continue, il n’y a pas de raison que ce programme ne suffise pas. Une autre question est de savoir si le Portugal pourra convaincre les marchés », a-t-il ajouté. Le Portugal s’est vu accorder, en mai dernier, un prêt de 78 milliards d’euros pour l’aider à faire face à sa dette colossale et aux stress bancaires, après avoir été exclu des marchés de capitaux. Si le gouvernement procède à des coupes budgétaires « énormes », l’économie entre dans sa deuxième année de récession, la croissance devrait se contacter de 3,3 % du PIB cette année, après un recul de 1,5 % en 2011. Selon les chiffres d’Eurostat révélés le 2 avril, le chômage a poursuivi sa progression pour atteindre 15 % en février - 3e taux parmi les plus élevés de l’UE. La Commission s’attend à un taux de 14,4 % à la fin de l’année. Si le pays a réalisé plus de 90 % de ses objectifs au titre du sauvetage, appliquant 110 des 120 mesures du programme, ses écarts de rendement n’ont pas baissé comme ceux de l’Irlande, le coût de l’emprunt à dix ans restant supérieur à 10 %. Les spéculations sur un deuxième sauvetage vont bon train, et cette possibilité n’est écartée ni par le Premier ministre portugais, ni par le vice-président de la Banque centrale européenne Vítor Constâncio. Le Portugal procède à une réforme massive du budget, du secteur bancaire et de son économie, dans l’espoir de ramener son énorme déficit, de 9,8 % du PIB en 2010, sous la barre des 3 % qu’autorise l’UE, d’ici la fin de l’an prochain. C’est à cette période qu’il devrait retourner sur les marchés obligataires. La dette devrait aller jusqu’à 115,3 % en 2013, mais en termes absolus, elle devrait continuer d’augmenter (passant de 188,5 milliards d’euros à 205 milliards d’euros en 2015). Les progrès futurs se fondent sur l’hypothèse d’une croissance de 2 % du PIB par an en moyenne (bien qu’elle n’ait plus dépassé 1 % la décennie écoulée). Selon un rapport de la Commission (après une mission de la troïka en février), si « globalement le programme est en bonne voie », il pourrait être menacé par la hausse du chômage, les dépassements de soins de santé, et les entreprises publiques endettées. Les progrès pourraient être entravés par les problèmes de l’Espagne, premier partenaire commercial du Portugal, selon M. Weiss, tandis qu’un renflouement distinct de l’île autonome de Madère (qui obtient un prêt de 1,5 milliard d’euros en échange de coupes budgétaires) pourrait déraper. Le rapport ouvre la voie au déboursement d’une tranche de prêt de 15 milliards d’euros au Portugal, dont 9,7 milliards proviendront de l’UE. Le FMI se réunira le 4 avril pour approuver sa part de 5,2 milliards d’euros. |
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