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Politiques sectorielles / Open Days 2010Imprimer l'article | ![]() Pourquoi l’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée ?Georges Frêche, Président de l’Eurorégion et de la Région Languedoc-Roussillonvendredi 01 octobre 2010
L’Eurorégion regroupe les régions françaises de Midi-Pyrénées et du Languedoc-Roussillon et les communautés autonomes espagnoles de Catalogne et des Iles BaléaresQuelle motivation a présidé à la création de l’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée? En 2004, la volonté de travailler ensemble sur un territoire qui partage une histoire commune, je vous renvoie à Jacques d’Aragon, et surtout qui a devant lui un avenir à partager a été le principal moteur de notre initiative. La mondialisation est là pour nous rappeler que les frontières ne peuvent plus être appréhendées comme autrefois. Les modes de transports ont considérablement réduit les distances/temps. Nous devons aujourd’hui élargir les horizons de nos concitoyens, de nos entreprises, de nos chercheurs… La construction de l’Europe n’est pas le seul fait des États. Il n’y aura de construction pérenne que si des initiatives locales la consolident, que si des territoires de projets cohérents se dessinent par delà les frontières. Et puis, il y a aussi un avantage certain à combiner nos potentiels pour être plus compétitifs face à la concurrence des autres pays, des autres régions, mais aussi plus solidaires pour nos territoires. L’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée est l’une des premières communautés de Régions d’Europe à s’être dotées d’un instrument juridique, le GECT (1). Pourquoi avoir engagé une telle démarche ? Nous avons souhaité renforcer notre coopération, l’institutionnaliser, et cet instrument juridique était la solution. Le GECT doit nous permettre de présenter des projets conjoints au titre des programmes européens avec l’avantage de n’être qu’un seul porteur de projets, et non quatre, de posséder une équipe dédiée, de proposer une gestion facilitée… Nous nous situons complètement dans l’une des logiques qui a présidé à la création de cet outil juridique par la Commission, c’est-à-dire d’en faire un instrument facilitateur de la coopération européenne. Ce GECT ne se substitue pas aux quatre Régions mais il leur apporte une expertise, les coordonne, présente des projets de coopération en leurs noms… C’est une coopération intégrée, à un niveau bien moindre que les établissements intercommunaux en France, qui est appelée à s’imposer comme un gage de réussite de la construction européenne car il lui donne de la « proximité », et c’est ce dont a besoin le citoyen à un moment où il doute. En tant que Président en fonction de l’Eurorégion, quels sont les grands axes de votre programme ? La 1ère des priorités était de rendre opérationnel ce GECT, et comme nous ne pouvions nous appuyer sur aucun autre exemple, il a fallu débroussailler. La tâche fut rude mais nous y sommes arrivés. Nous avons axé notre travail sur la mise en place de l’Eurocampus dont l’objectif est de faciliter les échanges entre universités, la mobilité des étudiants, les relations entre chercheurs… Nous avons par exemple créé un chèque mobilité Eurocampus qui attribue aux étudiants une aide lorsqu’ils effectuent leur cursus dans l’une des quatre régions. Je rêve de voir un jour nos étudiants aller librement d’une université à l’autre, de Montpellier à Saragosse, de Barcelone à Toulouse ou Palma…comme au XIIIe siècle. Nous mettons aussi en place un Plan Climat eurorégional destiné à mutualiser certaines de nos actions en faveur de la lutte contre le changement climatique. Ces deux projets sont au cœur de la stratégie Europe 2020 et démontrent la cohérence de nos actions avec les grandes stratégies communautaires. En matière de culture, les quatre Régions ont décidé de confier au GECT le lancement et l’animation d’un appel à projets dont l’objectif est de faire naître des initiatives communes de part et d’autre de la frontière. Ce ne sont que quelques exemples, mais je pourrais aussi vous citer la mise en place d’un réseau des pépinières d’entreprises, le souhait de se rapprocher du secrétariat général de l’Union pour la Méditerranée… En plein débat sur l’avenir de la politique régionale, quelle place selon vous doit être accordée aux Eurorégions ? En premier lieu, je tiens à réaffirmer que la construction européenne ne se fait pas au bénéfice de toutes les régions de la même manière. Il est donc fondamental d’aider les plus en retard, tout en permettant aux autres de continuer à être des locomotives. Cette politique de cohésion doit concerner, avec des intensités certes différentes, toutes les régions. Et je demande aux États de ne pas être frileux quant à leurs engagements qui seront vus comme le reflet de leur volonté de construire une Europe forte et solidaire. Les Eurorégions, et notamment celles constituées de régions et structurées autour d’un GECT, doivent devenir les instruments privilégiés de la politique de coopération. Elles représentent des territoires de projets et de coopération intégrée dont la dynamique peut donner à nos citoyens un sentiment de proximité de l’Europe qui fait tant défaut aujourd’hui. L’effet incitatif des programmes européens pour faire émerger ce genre d’initiative et les aider à se développer est important. J’espère donc que les propositions de la Commission pour la future programmation identifieront les Eurorégions comme des outils privilégiés de la politique de cohésion. Imaginez une Eurorégion dotée d’un programme spécifique dédié à la coopération sur ce territoire de projets… Je suis sûr que nous franchirions une nouvelle étape dans la coopération territoriale. Nous sommes prêts pour cela à signer un contrat entre l’Eurorégion et l’Europe, sur la base d’une stratégie partagée et des objectifs clairement définis. Nous serions sur du concret, visible par tous, utile pour tous ! (1) Groupement Européen de Coopération Territoriale |
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