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Politiques sectorielles / Défense & Sécurité 2009Imprimer l'article | Imprimer cet article

L’approche civile-militaire : une page à écrire

Par Pierre Lemoine | mardi 17 novembre 2009

L’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le 1 er décembre 2009, engage l’Union européenne dans une nouvelle phase d’intégration. Elle coïncide en particulier avec le dixième anniversaire de la PESD qui acquiert désormais le rang de Politique de sécurité et de défense commune ou PSDC. Sur le modèle de l’OTAN et de l’UEO, le nouveau traité introduit une obligation de défense mutuelle. Il consacre aussi le principe de coopérations renforcées pour des groupes de pays désirant faire plus ensemble sans attendre d’autres États membres. Enfin, il confère à la PSDC une dimension à la fois civile et militaire.

Parallèlement, aux États-Unis, sous l’effet désastreux de l’intervention militaire en Irak, la nouvelle équipe dirigeante, sans changer de doctrine militaire, modifie son discours diplomatique. Lors de son audition devant la Commission des affaires étrangères du Sénat américain, en janvier dernier, Hillary Clinton a annoncé que les États-Unis allaient « faire usage de ce que l’on appelle le smart power, c’est-à-dire la panoplie complète des outils qui sont à notre disposition - diplomatie, économie, armée, politique, droit, culture - en utilisant chacun d’entre eux ou une combinaison de tous ces outils ». Autrement dit, la nouvelle Secrétaire d’État a fait part de sa volonté de jouer la carte du soft power, mais sans oublier celle du hard power.

Par comparaison, la PSDC, par sa dualité civile-militaire, devient l’« arme » qui manquait institutionnellement à l’UE pour déployer à travers le monde son « smart power ». Le changement viendra de cette reconnaissance de la dualité de toute intervention visant à maintenir ou à rétablir la paix, en Europe ou sur des théâtres extérieurs. Pour y parvenir, l’UE se dotera, dans les semaines et les mois à venir, de nouveaux outils : une nouvelle fonction, celle de Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, un nouveau service européen pour l’action extérieure (SEAE), composé de fonctionnaires du Conseil, de la Commission et de diplomates des États membres. À terme, plus de 5 000 personnes seront chargées d’instiller l’approche civile-militaire dans les États membres et dans les pratiques communautaires.

La nouvelle PSDC implique aussi la reconnaissance, toute aussi fondamentale dans une Union où pays neutres et non-neutres sont si étroitement impliqués, de la dualité civile-militaire des technologies et des équipements. De ce fait, la coopération civile-militaire, qu’il reste à mettre en œuvre, devra s’appliquer en principe à tous domaines, à commencer par l’espace aérien, le spatial et l’internet, mais aussi et surtout, en amont, à la recherche civile et militaire.



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