Analytique, complet, indépendant |
|
Business & compétitivité / Société de l'informationImprimer l'article | ![]() RechercheUn effort pour développer la recherche sur les TICPar Rory Watson | lundi 17 janvier 2011
Comme l’a souligné la commissaire à l’Agenda numérique, Neelie Kroes, « l’économie numérique en Europe est cruciale pour la croissance économique et la prospérité ». Mais, selon la Commission, une lacune majeure empêche l’Europe de réaliser son plein potentiel : le sous-investissement dans la recherche & développement sur les TIC.La comparaison avec les États-Unis révèle l’ampleur du problème. La R&D dans les TIC est beaucoup plus faible en Europe qu’en Amérique à la fois en pourcentage du total des dépenses (17 % contre 29 %) et en termes absolus (37 milliards contre 88 milliards), selon les chiffres de 2007. Trois raisons principales à cette sous-performance :- le faible niveau de soutien public à la R&D avec seulement 5,5 milliards d’euros dépensés chaque année ;- la fragmentation du marché et la dispersion de financement qui freinent la croissance des entreprises, notamment les PME; - l’adoption trop lente des innovations basées sur les TIC. ACCÉLÉRER LE MOUVEMENTLa Commission suggère différents moyens d’améliorer la situation. Elle souhaiterait une augmentation et une combinaison des investissements avec davantage d’accent sur la recherche à haut risque et le renforcement des infrastructures en ligne par le développement de pôles d’innovation ciblés sur des domaines clés. Plus précisément, elle prône un doublement à 11 millions d’euros en 2020 des dépenses publiques totales en R&D sur les TIC, engagement déjà pris par les gouvernements nationaux qui seront incités à l’honorer malgré la pression actuelle pour réduire les budgets nationaux. L’utilisation stratégique des marchés publics avant commercialisation et des partenariats public-privé devrait aussi déboucher sur une augmentation équivalente des dépenses privées qui passeraient de 35 milliards à 70 milliards. L’innovation dans les TIC pourrait, selon elle, être stimulée en exploitant pleinement les avantages du marché unique. Cela exigera un effort accru des pouvoirs publics mais aussi des normes ou réglementations qui ne font pas obstacle mais encouragent l’innovation. La Commission envisage ainsi de simplifier les règles d’accès aux financements UE pour la recherche. L’industrie elle-même est également invitée à apporter sa contribution à cet effort d’innovation en menant des initiatives visant à élaborer des normes et des plates-formes ouvertes pour de nouveaux produits et services. Des programmes communautaires pourront apporter des financements pour encourager cette tendance. FINANCEMENTPreuve de l’importance que l’UE accorde à la recherche en TIC, ces technologies bénéficient de la part la plus élevée de fonds du 7e programme-cadre de R&D qui court jusqu’en 2013 : quelque 9 milliards d’euros. La Commission a annoncé, en juillet, un appel à propositions de projets à financer. À ce titre, 1,2 milliard sera alloué à la recherche en TIC. L’accent est mis sur les partenariats public-privé. Le Partenariat pour l’internet du Futur afin de développer l’infrastructure qui bénéficiera aux systèmes de santé, aux réseaux énergétiques et à la gestion du trafic, sera éligible pour 90 millions d’euros. L’année prochaine, seront consacrés à la recherche en TIC 20 millions d’euros sur la performance énergétique des bâtiments, 30 millions sur les véhicules électriques et 80 millions pour le partenariat chargé de développer les unités de production de demain. Un autre domaine retenu sera la recherche en technologies futures et émergeantes, où l’importance des risques et la crainte de l’échec sur le marché peuvent dissuader l’investisseur privé. Les 84 millions d’euros disponibles en 2011 pourraient contribuer au développement de technologies nouvelles dont les TIC sans carbone. Dans la communication de mars 2009, «une stratégie pour la recherche et développement et l’innovation en matière de TIC en Europe : passer à la vitesse supérieure », la Commission recense les atouts de l’Europe. L’UE jouit d’une suprématie dans des secteurs liés aux TIC comme les équipements et services de télécommunications, les logiciels d’entreprise, la robotique, les technologies en matière de sécurité et la photonique. L’Europe domine la scène mondiale sur les marchés des applications TIC tels que la télémédecine et le matériel médical, l’électronique automobile et aérospatiale, ainsi que dans les TIC intégrées soutenant l’innovation de toutes sortes de produits et services.« Dans ce contexte, nous sommes les mieux placés pour maîtriser et façonner l’évolution des TIC et exploiter les possibilités qui s’offriront à l’avenir », conclut la Commission. PERSPECTIVESLa Commission européenne avait peint, il y a dix-huit mois, un tableau optimiste du secteur des TIC d’ici 2020 pour autant que l’UE intensifie ses investissements, regroupe ses ressources et veille à ce que les marchés soient ouverts à l’innovation et à la concurrence. Elle avait estimé que, si ces défis étaient relevés avec succès, l’Europe pouvait doubler ses fonds publics et privés investis en R&D sur les TIC, doubler l’accès au capital-risque pour les petites et moyennes entreprises à forte croissance axées sur les TIC et tripler son recours aux achats publics de TIC avant leur commercialisation. L’UE pourra, selon elle, s’approprier ainsi à l’échelle mondiale cinq pôles d’excellence ; l’Europe pourra développer de nouvelles entreprises innovantes en TIC pour qu’un tiers des budgets de la recherche en TIC soit investi par des sociétés de vingt ans d’âge maximum ; et le secteur européen des TIC pourrait fournir au moins l’équivalent de sa part dans le marché mondial des TIC. Pour que cette vision se concrétise un jour, les graines doivent être semées dès aujourd’hui. Projets TIC financés par l’Europe : quelques succès WOUNDMONITOR : un prototype aide les experts médicaux à identifier plus rapidement les bactéries ou les champignons pathogènes présents dans les plaies des victimes de brûlures. ARRIVAL : le projet a développé un logiciel qui permet une planification plus efficace des horaires de trains ainsi qu’une meilleure prise en main des perturbations. WORKPAD : une infrastructure logicielle modulable contribue à améliorer la communication entre les équipes de secours. |
|



Pluralisme des médias : la Commission limitée juridiquement -
