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Tribune libre

Le défi écologique pour l’Europe : pourquoi notre industrie s’est mise au vert

Ralf Wezel, Secrétaire Général de CECE et CEMA | lundi 03 octobre 2011

La fédération de l’industrie des machines de construction (CECE), avec la fédération de l’industrie des machines agricoles (CEMA), organisent un évènement majeur à Bruxelles (Autoworld-Parc du Cinquantenaire) le 11 octobre prochain, afin d’ouvrir un débat avec les institutions européennes sur la manière de gérer le défi écologique, en particulier au sujet des émissions de CO2. Ralf Wezel parle des raisons qui ont motivé l’industrie.

L’industrie des machines de chantier remplit une mission sociale : nos machines modèlent le territoire d’une façon écologiquement durable, construisent des nouveaux axes de communication, modernisent la vie des citoyens à travers l’installation d’infrastructures modernes, elles interviennent quand une catastrophe naturelle arrive, comme les tremblements de terre ou des inondations.

Les machines agricoles contribuent à nourrir le monde car elles fournissent des solutions intelligentes afin d’optimiser l’exploitation du territoire. Ensemble, les deux secteur emploient environ 300 000 personnes directement et ont un chiffre d’affaires d’environ 60 milliards d’euros.

Nous avons fait des progrès considérables dans l’amélioration des performances environnementales des machines, mais nous sommes encore perçus comme un secteur polluant, bruyant et en général très « environmental unfriendly ».

Le temps est donc venu de dire haut et fort ce que nous avons fait pour notre planète ainsi que d’ouvrir un débat au sujet de ce que nous pouvons faire de plus.

Communiquer sur nos efforts 

Notre tache consiste maintenant à expliquer que, dans le passé, nous avons déjà fait notre part du travail, par exemple en diminuant considérablement les émissions de particules parfois jusqu’à 90%. Mais on dirait que le législateur ne s’est pas aperçu de tout cela et, parfois, les choses sont allées bien trop loin. La législation sur les émissions des moteurs diesel, par exemple, est devenue un poids excessif surtout dans un moment de crise, comme celui que l’on a traversé pendant ces trois dernières années.

Maintenant que le gros défi est celui du CO2, je dis : ne faisons pas les mêmes erreurs qu’auparavant, discutons-en et définissons ensemble le chemin à suivre.

En tant qu’industrie, on veut bien améliorer les performances de nos machines et diminuer notre impact. Mais notre message est bien : « travaillons ensemble » et choisissons la bonne approche si on veut que notre industrie continue d’investir en Europe.

Les raisons d’un événement à Bruxelles

La majorité de la législation que l’on applique vient de Bruxelles.

C’est un moment crucial pour discuter des émissions de CO2 car l’UE a des objectifs ambitieux en termes de lutte contre le changement climatique et de réduction des gaz à effet de serre. On veut donc un débat ouvert avec les politiques, les chercheurs, les représentants d’autres secteurs et les entreprises. Le but est de trouver le chemin à suivre pour, d’un côté, protéger la planète et, de l’autre, rester dans le business pour les années à venir.

Nous avons donc invité la Commission européenne, les députés européens Jo Leinen, José Bové et bien d’autres à débattre avec les DG des principales entreprises du secteur, telles que Claas, Volvo, Amman, Caterpillar et John Deere.

Pendant la première partie de notre événement, de nombreux intervenants de l’industrie témoigneront de ce que nous avons fait et de ce que nous faisons actuellement pour répondre au défi des émissions de CO2. Des chercheurs ainsi que des utilisateurs de machines participeront également aux discussions.

Les participants entendront des « success stories » qui montrent à quel point nous prenons la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la consommation d’essence au sérieux. L’optimisation de différents procédés, activités, technologies, combinés à l’utilisation de sources d’énergie alternatives est une approche porteuse d’un grand potentiel d’efficacité qui pourrait parfois atteindre une baisse de 40% des émissions. Mener des actions isolées sur les machines et les composants ne résoudrait rien : c’est justement cela qui doit être évité à tout prix.

Le futur est déjà là

Bien que nos efforts aient été importants, nous devons regarder vers le futur : comment s’attaquer aux problèmes ? Quelles sont les possibilités ?

Une discussion sera organisée entre les politiques, les entreprises et les ONG environnementales (le WWF a par exemple été invité) sur les « possibilités ».

Encore une fois, nous sommes persuadés que nos propositions sont raisonnables et proactives, mais nous tenons à entendre ce que d’autres en pensent.

Nous espérons que les législateurs soutiendront les efforts de l’industrie en fournissant des outils tels que des données et des études sur la mesure correcte de la consommation d’essence du secteur, un calendrier raisonnable afin de s’adapter à la nouvelle législation, ainsi qu’un soutien aux mesures d’autorégulation à travers, par exemple, les normes ISO CEN.

De notre côté, l’engagement est clair : nous sommes prêts à contribuer à de nouvelles réductions des émissions de manière intelligente et dans un délai raisonnable. Les gens doivent comprendre que nous prenons ce sujet très au sérieux et nous espérons que de nouvelles solutions pourront être identifiées au cours de cet événement.



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