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Innovation

Une stratégie proposée pour stimuler la « bio-économie » dans l’UE

Par Tamás Kugyela | lundi 13 février 2012

Dans l’espoir de faire face à une augmentation estimée à 70 % de la demande alimentaire et de 100 % de la demande d’énergie dans l’UE d’ici à 2050, la Commission européenne a proposé, le 13 février, un plan visant à stimuler la bio-économie. La stratégie, intitulée « Innovation au service d’une croissance durable : une bio-économie pour l’Europe », vise à mieux intégrer l’utilisation de ressources renouvelables dans l’économie européenne.

Pour la commissaire à la Recherche, l’Innovation et la Science, Máire Geoghegan-Quinn, la bio-économie est un des secteurs les plus importants de l’Union. «  Nous avons été trop lents et trop fragmentaires pour convertir les recherches en résultats industriels. Il nous faut un cadre plus solide qui réunit les parties prenantes et les décideurs politiques », a-t-elle commenté.

La concurrence internationale sur ce terrain promet d’être féroce. Les Etats-Unis élaborent de leur côté un «  National Bioeconomy Blueprint », similaire à la proposition de la Commission : accroître l’investissement dans la R & D, ouvrir de nouveaux marchés, favoriser les partenariats public-privé pour accélérer l’innovation.

Le 7ème programme-cadre 2007-2013 a alloué 1,5 milliard d’euros à ces secteurs (biotechnologie, nanotechnologie, TIC, etc.). Ce chiffre devrait atteindre 4,5 milliards dans le programme Horizon 2020.

Un marché bioéconomique peut produire une valeur ajoutée d’environ 45 milliards d’euros et 130 000 emplois d’ici 2025. Pour atteindre ces chiffres, la Commission propose de développer des normes et un étiquetage spécifique pour les produits de la bio-économie, de soutenir les activités de démonstration et de développement, de créer une première liste d’informations sur les produits européens et d’assurer la formation des acheteurs publics.

Pour renforcer la coordination des politiques, la Commission suggère de créer un « panel bio-économique » rassemblant représentants de la Commission, des Etats membres et des parties intéressées. Un observatoire serait chargé d’évaluer les progrès et l’impact des changements.

Les représentants de l’industrie ont salué la proposition. Lars Christian Hansen de la société de bioinnovation Novozymes note que, «  pour la première fois, la Commission a une approche cohérente de ce secteur économique et scientifique complexe et qu’elle est soutenue par plusieurs de ses directions, notamment l’agriculture, l’environnement et l’industrie. C’est un signal fort qui montre que la bioéconomie est devenue une priorité européenne ». EuropaBio, l’association des bioindustries, tout en étant positive, note que dépasser les obstacles au déploiement de nouvelles technologies et jeter un pont entre recherche et marché reste un énorme défi en Europe.

Stratégie sur  www.europolitique.info > recherche = 308755

Repère

Le terme « bioéconomie » désigne une économie utilisant les ressources biologiques de la terre et de la mer, ainsi que les déchets, comme intrants pour la fabrication de produits pour l’alimentation humaine et animale, la production industrielle et la production d’énergie. Ce secteur représente déjà dans l’UE un chiffre d’affaires de près de 2 000 milliards d’euros et emploie plus de 22 millions de personnes (9 % de la population active) dans l’agriculture, la sylviculture, la pêche, l’agroalimentaire, la production de pâte à papier et de papier, ainsi que dans certains secteurs de l’industrie chimique, des biotechnologies et de l’énergie.



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