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Politiques externes / Politiques sectoriellesImprimer l'article | ![]() ClimatUn traité sur la « migration climatique » n’a pas la cotePar Brian Beary à Washington | mercredi 04 avril 2012
Un nouveau traité international sur la migration causée par le changement climatique ne suscite pas l’enthousiasme, même parmi les pays Européens, a conclu un panel d’experts, le 3 avril au Brookings Institution de Washington. Ils plaident pour des solutions ciblées, régionales, pour faire face aux problèmes les plus urgents comme la disparition progressive des îles dans l’océan Pacifique. Et invitent la communauté internationale à se pencher concrètement sur la question, étant donné que le phénomène de « migration climatique » devrait s’intensifier à l’avenir. Selon Jane McAdam, chercheuse de Sydney attachée à la Brookings Institution, seuls la Norvège, l’Allemagne, le Mexique et la Suisse ont manifesté un intérêt pour un cadre international. L’UE n’a pas encore adopté de position unilatérale ferme, a-t-elle indiqué. En outre, lorsque l’Europe examine le problème, elle le fait souvent par le prisme d’une politique de défense, avec l’impact potentiel sur la sécurité nationale. Aux Nations unies, lorsque le débat a eu lieu en commission, un cadre d’orientation mondial n’a remporté qu’un « soutien infirme », selon Mme McAdam. L’Observatrice permanente à l’ONU de l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM), Michele Klein-Solomon, a noté que l’OIM et l’UNHCR avaient demandé aux organisateurs de la Conférence de l’ONU de juin 2012 sur le développement durable à Rio de Janeiro (« Rio+20») s’ils pouvaient prévoir un événement parallèle, pour sensibiliser au problème. Les facteurs environnementaux ont toujours été à l’origine de migrations, mais « il est clair qu’il y a davantage de mouvements » dus au changement climatique, et qu’« il devrait y en avoir encore plus », selon Mme Klein-Solomon. Elizabeth Ferris, maître de recherche à Brookings, a noté que la Banque mondiale avait élaboré des lignes directrices sur lae réinstallation de populations fuyant des projets de développement (le déboisement par exemple), mais pas encore sur la migration climatique. La probabilité à court terme que des îles entières soient submergées est faible, ont reconnu Elizabeth Ferris et Jane McAdam. Le défi que les populations insulaires ont à relever dans l’immédiat est la pénurie d’eau potable fraîche car l’eau gagne en sel de par l’érosion des sols. Mme McAdam a appris de ses contacts locaux que beaucoup jugeaient offensant le terme « réfugié climatique » de par sa connotation « impuissance et manque de dignité. » Elle s’est prononcée contre l’extension à ces cas de la Convention de l’ONU de 1951 sur les réfugiés, car la migration climatique est sans rapport avec les croyances ou le passé d’une personne. Elargir ainsi la définition du réfugié pourrait en outre nuire à la protection des réfugiés politiques. Les experts ont noté comme autres caractéristiques de la migration climatique dont il fait tenir compte : elle a souvent lieu au sein d’un pays, et non entre plusieurs pays, elle tend à être progressive et non soudaine, elle se conjugue généralement à d’autres facteurs de déclenchement de la migration. DILEMMES MULTIPLESLa communauté internationale, si elle choisissait de traiter le problème, serait confrontée à des dilemmes conceptuels et moraux, selon les experts. Pour Elizabeth Ferris, les questions clés seront : comment décider quand une terre est inhabitable, qui prendra cette décision, quelle est la part du changement climatique dans le déclenchement d’une migration, et que couvre le phénomène de la « migration climatique » : inondations, sécheresse, glissements de terrain, etc. Michele Klein-Solomon a indiqué les menaces existentielles (comme le risque de voir une île entière sombrer à cause d’une augmentation du niveau de la mer) étaient plus l’exception que la règle. L’Australienne McAdam, qui a étudié en profondeur le cas des îles du Pacifique, dont Tuvalu, Kiribati et les îles Carteret, a noté qu’il n’était pas toujours facile de déterminer dans quelle mesure le climat causait leur « naufrage ». Cela soulève une question majeure, selon elle : ces pays doivent-ils démontrer que la menace qui se présente à eux est causée par le changement climatique afin d’être éligible pour une aide internationale ? |
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