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Politiques sectorielles / DéfenseImprimer l'article | ![]() Défense/HélicoptèresUn programme quinquennal pour parfaire la formation des pilotesPar Paul Ames à Zaragoza | lundi 21 juin 2010
![]() L’Eurocopter Tigre a participé à l’exercice AZOR 2010, qui avait réuni 45 hélicoptères et 700 militaires de huit Etats membres de l’UE, dans la région de plaines et de montagnes au nord de l’Espagne. Objectif : recréer les conditions de l’été afghan fait de fortes chaleurs et de poussières. Ces grandes manoeuvres européennes pour hélicoptères étaient organisées par l’Agence européenne de défense (AED) et avaient pour but de surmonter des lacunes dans les capacités militaires européennes en donnant aux militaires l’aperçu du travail en collaboration dans des conditions de chaleur et de poussière similaires à celles qu’ils sont susceptibles de rencontrer en Afghanistan. « Les équipages de plus de 30 avions ont été entraînés jour et nuit dans des conditions de vol reproduisant exactement les environnements de dureté extrême des déserts et des montagnes », a déclaré la ministre espagnole de la Défense, Carmé Chacón, qui assistait aux exercices le jeudi 17 juin. « Les personnes présentes ici sont entraînées afin d’être capables d’opérer de manière combinée, ce qui se produit déjà sur plusieurs théâtres d’opérations. Il est très probable que dans le futur, nombre d’entre vous participeront à la même mission et vous pourrez mettre en pratique ce que vous aurez appris au cours de ces journées de formation », a déclaré Mme Chacón aux équipages, durant la manifestation qui concluait le programme de défense de la présidence espagnole. Le manque d’hélicoptères et de personnel entraîné à les piloter a posé problème aux forces armées de l’UE lors des missions de maintien de la paix au Tchad, et dans la lutte contre les Talibans en Afghanistan. Les manoeuvres ont débuté le 9 juin pour trois semaines et elles illustrent ce que seront les exercices organisés deux fois par an pendant cinq ans pour permettre aux équipages aériens des Etats membres de l’UE de s’entraîner et de travailler ensemble, de partager des expériences et de se préparer à la réalité des opérations ensemble. « C’est un programme très humain », a déclaré le lieutenant-Colonel Andy Grey, officier de la Royal Air Force britannique et vétéran de l’Afghanistan, qui dirige les efforts déployés par l’AED pour construire une capacité européenne d’hélicoptères. « Il s’agit de personnes qui partent en opération, cela n’a rien de théorique ni de politique. » PROBLÈMES BUDGÉTAIRESDes hélicoptères d’Espagne, d’Autriche, de Belgique, du Royaume-Uni, de République tchèque, d’Italie, de Slovénie et de Suède ont participé aux exercices et le Luxembourg a apporté un soutien financier considérable. « Il a payé la facture de l’exercice (...), il a fait preuve d’une approche très européenne », a noté Adam Sowa, directeur exécutif de l’AED. Si les Etats membres s’accordent à dire que les investissements dans les hélicoptères sont indispensables, le financement des prochains exercices n’est pas encore assuré. L’AED espère que d’autres pays viendront partager la charge financière supportée par le Luxembourg. « Sans le soutien du Luxembourg, le programme d’hélicoptère de l’AED n’aurait tout simplement pas pu avoir lieu », a ajouté M. Grey. La Suède, l’Italie et l’Espagne ont offert d’accueillir le prochain exercice, en 2011, mais aucun accord n’a encore été conclu sur le financement. Les responsables ont refusé de préciser le coût global de l’exercice organisé en Espagne et de chiffrer la contribution du Luxembourg. Toutefois, l’un d’entre eux a estimé le coût du carburant et de la logistique à environ 2 millions d’euros. Le programme d’exercice s’intègre dans plusieurs initiatives lancées par les Etats membres pour améliorer les capacités de leurs hélicoptères, soit via les Nations unies, soit via l’UE. Plusieurs pays européens collaborent via l’AED au développement de systèmes de simulation de vol à des fins de formation. A plus long terme, les pays membres de l’AED visent le développement d’un nouvel hélicoptère européen de transport. L’OTAN a lancé un programme pour la modernisation des flottes d’hélicoptères russes qui sont actuellement utilisés dans les Etats de l’Est. Le but est qu’ils puissent être utilisés dans le cadre d’opérations (Afghanistan) aux côtés d’hélicoptères de fabrication occidentale appartenant aux Etats membres occidentaux. La République tchèque a modernisé cinq de ses hélicoptères Mi-17 grâce à un programme de 40 millions d’euros. Ces appareils ont été utilisés en Afghanistan et certains ont pris part à l’exercice en Espagne. Le vice-ministre de la Défense Jan Fulík a expliqué que la modernisation des hélicoptères tchèques s’était faite dans le cadre d’un partenariat entre des entreprises tchèques et russes et qu’elle pourrait servir d’exemple à d’autres Etats membres. La Hongrie et la Bulgarie sont déjà en discussion avec les Tchèques à ce sujet, a expliqué M. Fulík à Europolitique. « Nous avons plusieurs hélicoptères russes à l’OTAN, nous devons les utiliser. Il est parfois difficile de travailler avec les Russes, mais c’est infiniment mieux de coopérer avec eux que de se battre contre eux », a-t-il ajouté. M. Fulík a laissé entendre aussi que d’autres pays européens pourraient suivre l’exemple tchèque en donnant aux forces armées afghanes le surplus du matériel aérien qui date de l’ère soviétique. Les Tchèques ont donné six hélicoptères d’attaque Mi-24 et six hélicoptères de transport Mi-17 aux Afghans. M. Sowa a déclaré que l’exercice avait révélé de nombreux domaines à développer par l’UE comme les méthodes de formation et de certification des pilotes et des appareils utilisés dans plusieurs Etats membres. Il faut aussi intensifier l’apprentissage de l’anglais et l’AED a proposé l’organisation d’une vingtaine de cours spécialisés par an, afin d’améliorer les compétences en communication des militaires. Les pilotes participant à l’exercice ont salué l’expérience : « Nombre d’entre nous n’ont jamais volé dans un environnement chaud et poussiéreux. Nous avons une bonne expérience des atterrissages dans la neige mais c’est différent dans la poussière », a indiqué le capitaine Andreus Höglund des forces aériennes suédoises.. |
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