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Politiques sectorielles / Politiques sectoriellesImprimer l'article | ![]() UE/ONU/ClimatReprise des négociations internationales à BonnPar Anne Eckstein | vendredi 27 août 2010
A la veille de l’ouverture de la troisième et avant dernière session préparatoire de négociations internationales sur le climat qui se tiendra à Bonn (Allemagne) du 2 au 6 août, Christinana Figueres, Directrice exécutive de la Convention des Nations unies sur le changement climatique, appelle les pays industrialisés à « réfléchir plus sérieusement à la suite à donner au protocole de Kyoto, dont la première période d’engagement s’achève en 2012 ». Ils doivent, ajoute-t-elle, « aborder la question de leurs divisions au sujet d’une seconde période d’engagement du protocole notamment pour clarifier la question de l’avenir du marché du carbone ». La session de Bonn s’ouvre en « mode mineur» : si le secrétariat de la Convention vient de publier un document détaillant les options possibles pour éviter tout vide juridique après 2012, très peu d’informations ont par ailleurs filtré jusqu’à présent sur l’état réel d’avancement des négociations. Discrétion ou immobilisme ? L’heure tourne et le spectre d’un nouvel échec lors de la Conférence de Cancun (27 novembre – 10 décembre), après celui de Copenhague fait frémir les chancelleries. La Commission européenne et la présidence belge représenteront l’UE au cours de cette session. Pour la ministre mexicaine des Affaires étrangères, Patricia Espinosa, dont le pays accueillera et présidera la prochaine conférence, « des actions concrètes et immédiates sont nécessaires « pour débloquer la situation. Le pire serait, dit-elle, d’aboutir à un accord qui ne donne pas aux pays en développement le minium dont ils ont besoin, c’est çà dire une assistance technique et financière, pour faire face au changement climatique ». Et, ajoute Mme Espinosa, « les pays industrialisés ont l’obligation de répondre à cette attente ». Elle sait pouvoir compter sur le soutien de Christiana Figueres qui, dans un point de presse préparatoire à la session de Bonn, a déclaré, le 22 juillet que bien que les promesses faites par tous les pays industrialisés de réduire leurs émissions et par 38 pays en développement de prendre des mesures d’atténuation des émissions n’atteignent qu’à peine 12 à 19% d’ici 2020 (par rapport à 1990) par rapport aux 25 à 40% des réductions estimées nécessaires par le monde scientifique, il n’y aucun doute que tous doivent au moins concrétiser ces engagements. Certains pays industrialisés sont de plus en plus réticents à poursuivre avec le modèle Kyoto (alors que d'autres, à l’instar des Etats-Unis, ne l'ont simplement jamais ratifié), ne fut-ce que parce que les grands pays émergents, devenus les principaux pollueurs de la planète, devançant par exemple, et de loin l’Europe, ne sont pas concernés par les obligations qui y sont liées. L'Union européenne continue, elle, de faire pression pour un accord mondial, juridiquement contraignant, seul moyen efficace, dit-elle, pour atteindre l'objectif approuvé dans l'accord de Copenhague, de maintenir la hausse des températures mondiales en dessous de 2 ° C par rapport au niveau pré-industriel. Modifiant sa stratégie depuis Copenhague, l'UE plaide pour une approche par étapes pour atteindre cet objectif. Si des décisions ambitieuses et concrètes doivent être adoptées à Cancun, elles ne constitueraient qu’une étape, certes importante, vers un accord juridique international à réaliser fin 2011, en Afrique du Sud. Concrètement, s'appuyant sur l'accord de Copenhague, la session d'août mettra l'accent sur les éléments importants sur lesquels les négociateurs espèrent pouvoir aboutir à Cancún : la formalisation des engagements des pays développés pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et les actions à entreprendre par les pays en développement, l'élaboration de règles pour mesurer, déclarer et vérifier les émissions (MRV), l'appui financier aux pays en développement (qu’il s‘agisse du financement rapide de 30 milliards de dollars pour la période 2010-2012 ou des moyens de lever les 100 milliards de dollars par an promis d’ici 2020), l'avenir des institutions financières ayant trait aux changements climatiques et l’avenir du marché du carbone et des mécanismes qui y sont liés.
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