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Politiques sectorielles / DéfenseImprimer l'article | ![]() DéfenseLa coopération civilo-militaire, priorité du Comité militairePar Paul Ames | vendredi 06 novembre 2009
Le renforcement de la coopération entre les éléments civils et militaires sera la priorité absolue du Comité militaire de l’UE (1), après l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne : “ La vraie révolution dans les affaires militaires est la conséquence des difficultés rencontrées en Irak et en Afghanistan, où l’on a constaté que l’action purement militaire n’avait plus aucune efficacité, ou du moins une efficacité très réduite», a indiqué le 4 novembre le président sortant du Comité militaire de l’UE, le général français Henri Bentégeat. « Nous avons compris que la seule manière de gérer une crise correctement passe par la coopération civilo-militaire”, a-t-il déclaré en conférence de presse, deux jours avant de quitter son poste au terme de ses trois années de mandat. M.Bentégeat cédera sa place au général suédois Hakan Syrén, le 6 novembre. Il a indiqué que l’UE s’efforçait désormais « de donner systématiquement à toutes les actions européennes une approche globale, civilo-militaire.» Pour le Français, un défi de taille que devra relever son successeur sera la création du Service d’action extérieure de l’UE après l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne. L’intégration de diplomates, de responsables de la Commission, et d’experts militaires dans le Service d’action extérieure sera une « occasion unique» d’améliorer la coopération civilo-militaire, s’est félicité M. Bentégeat à l’issue d’une réunion des chefs de Défense de l’UE. Le Suédois Syrén a convenu que le travail du Comité militaire de l’UE verrait sans doute un changement de gravité au profit d’une plus grande coopération civilo-militaire. COOPÉRÉER POUR RÉDUIRE LES COûTSLors de leur réunion semestrielle, les chefs de Défense de l’UE ont examiné comment combler les lacunes de la force militaire de l’Europe. M.Bentégeat a reconnu que le moment était mal choisi pour tenter de doper les forces armées. Car il est difficile de « combler nos lacunes en ces temps de crise économique», alors que tous les budgets militaires en Europe se rétrécissent, a-t-il admis. En réponse, les nations devraient coopérer pour réduire leurs coûts et mettre en commun leurs ressources. A titre d’exemple, il a cité les discussions entre nations qui comptent acquérir le nouvel Airbus A400M de transport, en vue d’une maintenance commune de l’appareil. Ou encore une «entreprise commune» UE-OTAN pour moderniser les hélicoptères en service dans de nombreux Etats membres d’Europe de l’Est. Ou un projet de l’Agence européenne de défense pour éviter les doubles emplois lors de la sous-traitance de services, comme la restauration, par plusieurs pays en missions UE. M.Syrén a cité en exemple, surtout pour les petits Etats membres de l’UE, la coopération entre la Suède, la Finlande et la Norvège dans une série de domaines, pour réduire les coûts et améliorer l’efficacité en travaillant ensemble. Le haut responsable européen a été ferme quant aux propositions de certains Etats membres d’utiliser les groupements tactiques de réaction rapide de l’UE comme forces de réserve pour les missions en cours, au lieu de les garder en stand-by. M. Bentégeat a parlé de consensus au niveau tant politique que militaire sur le fait qu’il ne fallait pas changer le concept, et le concept actuel n’envisage pas d’utiliser les groupements tactiques comme réserve. Lui et M.Syrén ont préconisé davantage de discussions sur l’usage des unités d’élite. La présidence suédoise a plaidé pour plus de souplesse quant à l’affectation des groupements tactiques qui ne sont jamais entrés en action. Les pays européens maintiennent à tour de rôle deux groupements d’environ 1500 personnes en stand-by pour d’éventuelles urgences. Les chefs de Défense de l’UE ont annoncé que la présidence espagnole qui commence le 1er janvier 2010 rédigerait un rapport sur le concept de coopération structurée permanente repris dans le traité de Lisbonne, et qui permet aux Etats membres de procéder à des opérations militaires lorsqu’elles sont approuvées à la majorité qualifiée. (1) Organe militaire suprême mis en place au sein du Conseil de l’UE, le Comité militaire de l’UE est composé des chefs d’état-major des armées. |
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Jukka Savolainen/EUPOL Afghanistan -