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Politiques sectorielles / Agriculture & pêcheImprimer l'article | ![]() PêcheLa Commission va proposer l’interdiction du thon rougePar Anne Eckstein | vendredi 19 février 2010
![]() C’est in extremis que les Vingt-sept se prononceront pour ou contre l’inscription du thon rouge à l’annexe I de la Convention des Nations unies sur le contrôle des espèces menacées (Convention CITES), annexe recensant les espèces interdites de commercialisation. Une nouvelle proposition de décision doit être présentée par la Commission européenne le 22 février et la réunion annuelle de la CITES se tiendra à Doha (Qatar) du 13 au 25 mars. Le Conseil de l’UE disposera donc de quelques jours à peine – il devrait se prononcer sur ce sujet le 26 février - pour confirmer sa position, véritable retournement de situation par rapport aux positions défendues à l’automne dernier. La Commission, qui a reporté à plusieurs reprises sa décision, devrait cette fois adopter une proposition d’interdiction du thon rouge, confiante dans le revirement de la France et de l’Italie, alors que la Grèce, Chypre et Malte continuent de s’y opposer. La Commission sait aussi pouvoir compter sur le Parlement européen qui, dans une résolution adoptée le 10 février, à une très large majorité, avait « prié instamment » la Commission et les Etats membres à soutenir l’interdiction du thon rouge. Ce projet de décision (différent de la proposition de recommandation présentée en septembre 2009), s’il est avalisé par le Conseil, sera la position défendue par l’UE à Doha. Sur le fond, il permet à la Commission de ménager la chèvre et le chou puisqu’elle y propose d’interdire le commerce (et donc la pêche) du thon rouge, mais l’interdiction serait assortie d’exemptions en faveur de la pêche artisanale et d’un délai pour l’inscription effective de cette espèce à l’annexe I, jusqu’à novembre 2010, soit jusqu’à la prochaine réunion de l’ICCAT afin de permettre à cette organisation de réévaluer la situation. Une suggestion qui fait suite à une requête de la France qui demandait un délai de 18 mois. Pour mémoire, réunis au sein du comité réglementaire, les experts des Etats membres de l’UE avaient décidé, le 21 septembre 2009, de ne pas soutenir, comme le recommandait la Commission, la proposition déposée par Monaco auprès de la CITES d’inscrire le thon rouge à l’annexe I de la Convention, autrement dit d’en interdire totalement le commerce (et donc la pêche). A cette date, tous les Etats membres riverains de la Méditerranée s’y étaient opposés, seul le Portugal, qui ne dispose pas de thoniers senneurs et ne pêche qu’en Atlantique, s’était désolidarisé de cette position. La plupart des Etats membres jugeaient alors « prématurée » toute décision à ce propos, préférant attendre à la fois les dernières analyses scientifiques et les décisions à venir de la Commission internationale pour la protection des thonidés de l’Atlantique (ICCAT). Celle-ci, contre l’avis négatif de ses propres scientifiques, s’était, en novembre 2009, contentée de réduire les quotas de pêche annuels. |
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