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Politique de défense

L’UE, théâtre d’un vaste exercice d’hélicoptères

Par Paul Ames | jeudi 03 juin 2010

Une trentaine d’hélicoptères de huit Etats membres de l’UE prendront part aux plus vastes manœuvres de ce type en Europe depuis la Guerre Froide. L’objectif est de préparer les troupes aux opérations dans un environnement similaire à celui de l’Afghanistan. L’exercice qui débutera le 9 juin dans le nord de l’Espagne fait partie d’un programme de l’Agence européenne de défense (AED) pour consolider les capacités de l’Europe en matière d’hélicoptère – une grosse lacune constatée lors d’opérations en Afghanistan et au Tchad.

Combler cette lacune est une priorité militaire de l’UE. Si l’AED espère prévoir deux exercices de ce type par an jusqu’en 2016, la réduction des budgets militaires n’en garantit pas le financement. Le Luxembourg a accepté de prendre en charge la majorité des coûts de l’exercice AZOR 2010, dans les montagnes et les plaines arides au-dessus de Zaragoza et Longroño, pour recréer les conditions de l’été afghan fait de fortes chaleurs et de poussières. Le grand duché a aussi financé les manœuvres européennes d’hélicoptères dans les Alpes en 2009.

«  Ce que je n’ai pas, c’est une méthode robuste de financement », déplore Andy Gray, à la tête du projet hélicoptères de l’AED. «  Je suis dans une situation inconfortable, m’efforçant de composer un programme pour lequel je n’ai pas de méthode convenue de financement pour l’avenir, car cela pourrait signifier l’échec d’un exercice donné ».

La mission de l’OTAN en Afghanistan et les opérations de l’UE en Afrique ont mis au jour une série de déficiences du parc européen d’hélicoptères. Même les pays qui beaucoup d’hélicoptères souffrent souvent d’un manque d’équipements, d’équipages entraînés, ou de fonds pour les soumettre à un environnement particulier.

L’exercice en Espagne est un pan du programme lancé en 2009, pour constituer un pool de formation supérieure et interopérable, capable de travailler dans tous les environnements. L’Allemagne enverra un observateur tandis que plus de 500 effectifs prendront part (provenance : Autriche, Belgique, Espagne, Italie, République tchèque, Royaume-Uni, Slovénie, et Suède).

«  Le degré élevé de participation que nous prévoyons fait de l’exercice AZOR 2010 la plus importante activité multinationale, en région désertique et montagneuse, qui a jamais eu lieu dans l’UE », a déclaré Carme Charcón, la ministre espagnole de la Défense, qui assistera à l’exercice.

Lors de trois semaines de manœuvres, les équipages affineront leur technique de vol en haute montagne et d’atterrissage en visibilité réduite. L’exercice suivant, début 2011, introduira un entraînement tactique en situations d’exposition de l’avion à des attaques.

CRÉATION D’UN CONSORTIUM

L’AED examine la possibilité, à long terme, pour les Etats membres, de former un consortium pour mettre en commun leurs capacités liées aux hélicoptères. L’on s’inspirerait des arrangements de 2009 à l’OTAN où douze nations ont convenu d’utiliser conjointement trois avions géants de transport C-17 pour se répartir les coûts afin de combler une autre lacune militaire européenne.

La création d’une aile multinationale de transports par hélicoptère, d’au moins vingt appareils, n’en n’est qu’à ses débuts mais pourrait faire l’objet d’une évaluation par les ministres de la Défense, lors de leur réunion de novembre. Les responsables espèrent que ces initiatives doperont les ventes du futur hélicoptère de transport proposé – une idée franco-allemande pour remplacer l’avion actuel. Il s’agit de développer des hélicoptères capables, dès 2018, de transporter 70 personnes ou treize tonnes d’équipement avec une portée de 1 000 kilomètres. Reste à voir si le projet aura un carnet de commandes qui le rende viable. Les autorités européennes ont pris contact avec le Pentagone pour explorer le développement en commun de l’appareil.

Les spécialistes soulignent la double utilité des hélicoptères : pour des opérations civiles et des missions militaires. Le traité de Lisbonne permet un financement, par la Commission européenne, de ces dépenses civilo-militaires.

Par ailleurs, des équipages de différents pays européens échangeront leurs expériences à un symposium sur les vols tactiques en septembre à Luxembourg.



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