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Politiques sectorielles / DéfenseImprimer l'article | ![]() DéfenseL’institutionnel pèse sur l’agenda « Défense »Par Paul Ames | lundi 28 juin 2010
![]() Comme dans beaucoup d’autres domaines, les questions institutionnelles seront au premier plan de l’agenda « Défense » de l’UE au second semestre 2010, alors que l’Union européenne s’efforce de s’ajuster aux implications de sécurité du Traité de Lisbonne. La présidence belge reconnaît que son rôle sera celui d’une béquille pour la Haute Représentante pour la politique étrangère et de sécurité, Catherine Ashton. « Nous ne souscrivons pas à la continuité », a déclaré le ministre belge de la Défense, Peter De Crem. « Je plaide pour une rupture avec le passé (…) notre propre rôle de présidence tournante sera très limité » en défense et relations extérieures, ajoute-t-il dans un document détaillant les priorités de la présidence. Au ministère belge de la Défense, l’on est d’accord avec le Conseil pour dire que « tous les yeux » se tourneront vers le développement du service européen d’action extérieure et son rôle en sécurité et défense. Peter De Crem veut développer la « coopération structurelle permanente » prévue dans le Traité de Lisbonne, par laquelle un groupe de pays peut partager des capacités et unir ses forces dans des initiatives militaires. Dans son document de priorités, le ministre estime qu’il faut conjuguer caractère inclusif et ambition, en développant la « PermStrucCoop. » Les Belges organiseront une conférence sur ce thème au début de leur présidence, mais jusqu’où ira l’initiative puisque la priorité institutionnelle consiste à mettre sur pied le SEAE ? Pour Peter De Crem, l’UE ne peut pas se permettre un excès de nombrilisme lors de la période de mise en œuvre de Lisbonne, et ne peut rester braquée sur les opérations de sécurité en cours et le renforcement des capacités militaires. Malheureusement pour les Belges, leur politique nationale réduira les ambitions de leur présidence. Jusqu’aux élections du 13 juin, le pays fonctionnait avec un gouvernement chargé des affaires courantes, et le ministère de la Défense refusait d’en dire plus que les priorités dans le document de Peter De Crem, présentée en mars. Un représentant du ministère indiquait que « comme nous ne savons pas si M. De Crem sera encore ministre lorsque commencera la présidence, il serait erroné de donner des précisions ». Alors que les négociations post-électorales battent leur plein, les Belges espèrent avoir un gouvernement en place avant la réunion informelle des ministres européens de la Défense, les 23 et 24 septembre à Gand. En termes d’opérations, l’accent restera mis sur Atalanta, la mission de protection des bateaux contre les pirates au large de la Somalie, en Afrique orientale. La mission doit se poursuivre jusqu’à la fin 2011 et pourrait voir sa couverture géographique étendue dans l’océan Indien, en fonction du déplacement des opérations de piratage. Les commandants de la mission disent disposer de suffisamment de bateaux, mais ils devraient continuer d’exiger, au second semestre, davantage d’avions pour repérer et tracer les bateaux pirates. Les prochains mois verront une évaluation de la mission de l’UE de formation des forces de sécurité somaliennes, une formation qui se déroule en Ouganda depuis avril et qui doit encore durer un an. L’Agence européenne de défense se concentrera sur une série de projets destinés à renforcer les capacités de défense de l’UE, et créer une base industrielle et technologique militaire européenne. L’agence travaillera sur plusieurs plans : entraînement et formation à l’hélicoptère, développement d’avions sans pilote, nouvelles techniques pour faire face aux bombes placées sur les routes. Avec la Commission, elle poursuivra les projets de coopération renforcée en surveillance maritime, et la possibilité que la Commission puisse financer la recherche sur l’utilisation double de technologies à des fins tant civiles que militaires. Peter De Crem souligne la nécessité de redoubler d’efforts pour surmonter les obstacles à une coopération accrue entre l’UE et l’OTAN. Si les problèmes sont liés au différend Turquie/Chypre, les responsables des deux organisations cherchent le moyen de doper la coopération concrète tout en outrepassant les restrictions institutionnelles qu’imposent les rivaux turcs et chypriotes. Les contrats militaires devraient être au menu de la présidence, avec les efforts d’EADS de remporter un contrat de fourniture d’avions ravitailleurs pour l’US Air Force, contrecarrés par les partisans américains de l’offre concurrente de l’avionneur Boeing. |
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Jukka Savolainen/EUPOL Afghanistan -