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Politiques sectorielles / EnergieImprimer l'article | ![]() EnergieEt si l’UE parvenait à 100 % de renouvelables en 2050 ?Par Dafydd ab Iago | mardi 20 juillet 2010
![]() A l’heure où l’Union européenne prépare sa stratégie énergétique à l’horizon 2050, nombre de rapports et d’étude publiés ces derniers mois annoncent clairement la vague des renouvelables. S’ils peuvent sembler théoriques et axés sur le long terme, ces rapports et études ont pour objectif d’influencer le débat politique. Car cette tendance sera lourde de conséquences pour l’investissement, notamment de par la durée de vie de 40-50 ans des grandes centrales électriques à base de combustibles fossiles. La Commission a clos, début juin, sa consultation sur la stratégie 2010-2020. Cette dernière devrait être avalisée au Conseil européen de mars 2011. La stratégie 2010-2020 doit peaufiner le premier « plan d’action sur l’énergie » de l’UE que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont adoptée en mars 2007. C’est ce plan qui définit les fameux objectifs 20-20-20 pour 2020 : une hausse de 20 % de la part des renouvelables dans la consommation finale d’énergie, un recul de 20 % de la consommation d’énergie, et une baisse de 20 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990. CHOIXC’est l’association Eurelectric qui a donné le coup d’envoi en novembre 2009 (Europolitique 3860). Son scénario « Les choix d’électricité » trace une feuille de route pour des réductions d’émissions ayant pour moteur les prix du carbone. L’association met en avant, dans son scénario « ambitieux », une chute de 90 % des émissions de CO2 du secteur de l’électricité. Soit une baisse de 1 423 Mt de CO2 à 128 Mt à peine en 2050. L’économie totale de réductions de CO2 est de 75 % en 2050 par rapport aux niveaux de 1990. Un mois plus tard, les Amis de la Terre Europe et le Stockholm Environment Institute (SEI) ont publié un rapport estimant que l’Europe pouvait réduire ses émissions de 40 % d’ici 2020 et de 90 % d’ici 2050, par rapport à 1990. Les sources d’énergie renouvelables (SER) pourraient passer à 90 % en 2050. Selon l’étude, les réductions d’émissions proposées sont l’effort minimum que la science attend des pays riches pour éviter une catastrophe en climat. La Fondation européenne pour le climat (ECF pour European Climate Foundation) a opté pour un scénario de 80 % de renouvelables dans son étude d’avril 2010 (Europolitique n° 3957). Selon l’ECF, les dépenses de capital en faveur de l’infrastructure énergétique devront doubler dans les quinze prochaines années pour un secteur d’électricité sans carbone d’ici 2050. Un financement qui verrait la facture globale d’énergie de l’UE baisser en 2020. Quelques jours après l’ECF, le Conseil européen pour les énergies renouvelables (EREC pour European Renewable Energy Council) a présenté son étude « Repenser 2050 » (Europolitique n° 3957). Ce document indique que l’UE peut passer à un système d’électricité, de chauffage et de refroidissement d’air et de transports à base de 100 % de renouvelables. Ce système serait non seulement faisable dans l’UE, mais serait aussi la seule option viable en termes économiques, sociaux et environnementaux (Europolitique n° 3959). Le dernier rapport en date émane de Greenpeace. Le scénario « [R]évolution énergétique » part du principe que les renouvelables peuvent couvrir 92 % de la consommation européenne d’énergie et 97 % de l’électricité en 2050, pour évoluer vers une UE à 100 % d’énergie renouvelable. Cela suppose d’énormes économies d’énergie via l’efficacité technologique, l’amélioration des transports publics, le recours au transport ferroviaire de marchandises plutôt que par route. La conception de bâtiments intelligents, des technologies de chauffage renouvelables, et l’utilisation d’électricité verte à des fins industrielles remplaceraient les combustibles fossiles dans le secteur du chauffage. Greenpeace plaide pour la fin sans délai de la production à base de nucléaire et de charbon, et milite pour le véhicule électrique et les réseaux intelligents. Greenpeace compte sur une économie du coût des combustibles de 2,65 billions d’euros en 2050. Cela équivaut à une économie annuelle du coût de l’électricité à fournir de l’ordre de 132 milliards d’euros en 2050 et à une économie annuelle moyenne de 19 milliards d’euros entre 2007 et 2050 (ce chiffre intègre l’économie des coûts des combustibles et le prix de l’investissement). Le prix à payer : 1,85 billion d’euros d’investissements supplémentaires de 2007 à 2050 par rapport à un scénario de statu quo. La création de nouveaux emplois verts totaliserait 940 000 postes en 2020 et 1,2 million en 2030. OETTINGER ET LE SCÉNARIO DE 100 % DE RENOUVELABLESNotons que le commissaire européen Günther Oettinger (Energie), venu à la présentation du rapport Greenpeace/EREC, a laissé entendre que la Commission étudiait la faisabilité d’un scénario « 100 % de renouvelables » pour 2050. M. Oettinger a soutenu l’idée d’un mécanisme européen de tarifs d’achat pour les renouvelables. Il est allé jusqu’à juger faisable, au point de vue tant « technique » que « financier », un système d’énergie sans nucléaire. « Si c’est possible politiquement ? On verra ! » Repères Ces études diffèrent quant à la part de renouvelables d’ici 2050. Si les scénarios sobres en émissions partent du principe que la consommation d’électricité va augmenter, le projet « [R]évolution énergétique » de Greenpeace prend comme hypothèse une offre d’électricité presque entièrement verte d’ici 2050, avec une part d’énergies renouvelables de 97 %. Les Amis de la Terre optent pour 90 %. La Fondation européenne pour le climat se base sur une part de renouvelables de 80 % et du nucléaire de 10 % Les combustibles fossiles, avec le captage et le stockage de carbone, apporteraient les 10 % restants avec le charbon et le gaz représentant 5 % dans ses projections. |
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