Analytique, complet, indépendant
Bannière
 
Politiques externes / Politique de développementImprimer l'article | Imprimer cet article

Aide humanitaire

Sahel : priorité des réunions de printemps de la Banque mondiale

Par Brian Beary à Washington | jeudi 19 avril 2012

A Washington pour les réunions de printemps de la Banque mondiale (BM), la commissaire européenne à l’Aide humanitaire a indiqué que les efforts se concentraient fortement sur la région nord-africaine du Sahel, où 12 millions de personnes risquent de mourir de faim à cause de la sécheresse et des conflits. L’UE et d’autres acteurs internationaux s’activent pour affronter cette crise, mais «  nous opérons dans un environnement où la sécurité s’est détériorée », a déclaré à Europolitique Mme Georgieva, le 18 avril. Déjà mauvaise de par la sécheresse, la situation s’est aggravée avec le retour de Libye, l’an dernier, de 400-500 000 personnes dont beaucoup étaient des mercenaires de l’ancien dirigeant Mouammar Kadhafi. Elle a indiqué que le nord Mali, où la présence de réfugiés a causé un coup d’Etat, était le principal point chaud, mais qu’il y avait d’autres poches d’insécurité au Niger et dans le nord du Nigéria. Al Qaïda est en outre actif dans la région, ce qui complique l’apport d’aide, a-t-elle ajouté. La Commission européenne a porté son aide humanitaire au Sahel à 123,5 millions d’euros en février.

Le renforcement de la résistance des pays aux catastrophes naturelles, la création de nouveaux filets de sécurité pour les Etats fragiles, et la sécurité alimentaire sont les principaux thèmes des réunions de la BM. Mme Georgieva a affirmé qu’il n’y avait pas d’impact de la crise de la dette souveraine de la zone euro sur les ressources de la BM et que les pays donateurs atteindraient leur objectif d’augmenter leurs contributions, engagement pris après la crise financière de 2008. Elle a précisé que ces hausses étaient «  relativement limitées » de sorte que les Etats membres même serrés financièrement pouvaient se le permettre. De plus, de nombreux projets de la Banque sont étroitement alignés sur la politique climatique et d’efficacité énergétique de l’UE, ce qui leur confère un soutien marqué de la part de l’UE.

SYRIE

Concernant la Syrie, la commissaire a indiqué qu’il y avait de «  profonds besoins médicaux », les blessés dans les combats ayant peur de se rendre dans les hôpitaux publics. Un représentant de la Commission a assisté sur le terrain une délégation de l’ONU pour évaluer les besoins. Mme Georgieva a noté que le gouvernement de Damas avait retardé ce rapport en «  traînant les pieds » pour l’approuver, mais a dit espérer qu’il soit publié le 21 avril à Genève. Entre-temps, la Commission a débloqué 10 millions d’euros d’aide humanitaire pour des ambulances, fournitures médicales et colis alimentaires. La Syrie compte 200 000 déplacés internes qui fuient des villes telles que Homes, Aleppo et Idlib, pour se rendre vers les zones rurales ou dans la région de Damas où les combats sont moins intenses. Ils sont 45 000 à avoir fui vers les Etats voisins (Turquie, Jordanie, Liban, Irak). «  La Turquie a fait du très bon travail pour aider les réfugiés » mais les Turcs commencent à demander un partage d’une partie du fardeau, a-t-elle reconnu.



Copyright © 2008 Europolitics. Tous droits réservés.