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Politiques externes / Relations extérieuresImprimer l'article | ![]() Entretien avec Kristalina Georgieva, Commissaire à l’Aide humanitaireLes inondations au Pakistan rouvrent le débat sur la visibilité de l’aide de UEPar Chiade O’Shea | mardi 07 septembre 2010
![]() Où l’UE concentre-t-elle ses efforts au Pakistan ? Ce que nous tentons de faire, c’est de définir comment nous pouvons aider ceux qui sont le plus dans le besoin et qui bénéficie le moins d’assistance. Par exemple, dans le nord, près de la frontière chinoise, nous travaillons avec la Fondation Agha Khan pour distribuer de la nourriture aux communautés montagnardes qui seront isolées par la neige dans un mois. Au sud, nous tentons de traiter les priorités comme les hôpitaux mobiles et visons les ménages dirigés par des femmes. Nous devons nous centrer sur ceux qui sont exclus. Nous voulons aussi donner un sentiment de fierté européenne à notre travail au Pakistan. Il y a eu initialement un peu de déception au Pakistan même, et auprès de mon personnel, de ne rien voir dans les médias sur ce que l’Europe y fait. Il est important pour la population du Pakistan qu’elle sache qu’elle n’est pas oubliée. Lorsque l’aide atteint les gens elle peut créer des sentiments plus positifs à l’égard des Européens, surtout les travailleurs humanitaires, au Pakistan. Si elle n’atteint pas les gens, cela entretient chaos et violence. Il est donc important non seulement d’apporter l’aide, mais aussi de la communiquer rapidement. La question de la visibilité a été débattue lors de la crise en Haïti, surtout en termes de fierté européenne. Au Pakistan, vous dites que c’est aussi un problème de sécurité et d’efficacité. Est-il temps de réévaluer la visibilité sur base des préoccupations et expériences de l’UE au Pakistan ? Nous devons communiquer sur notre travail auprès des citoyens européens et ceux des zones sinistrées. J’ai commencé par dire: nous donnons tant et nous sommes tant invisibles. Et j’ai fini par dire qu’il y aura tant à faire, avec le changement climatique qui cause des catastrophes de plus en plus fréquentes et graves, que nous devons nous organiser bien mieux et un des éléments de cette meilleure organisation est que l’on puisse voir ces déploiements de l’Union européenne. J’ai donc élargi mes horizons, pour ne plus penser la visibilité en termes de reconnaissance de ce que nous faisons, mais pour l’utiliser pour une efficacité accrue de ce que nous faisons sur le terrain. L’on parle beaucoup d’aider le Pakistan par le commerce. La continuité de l’action européenne y trouverait-elle son compte ? Je crois fermement que lorsqu’un pays voit ses recettes baisser et ses dépenses augmenter, nous devons examiner tous les moyens possibles d’aider le Pakistan pour sa stabilité économique et sociale. En même temps, un accord commercial se doit d’être sain car il ne s’agit pas d’un accord de courte durée pour soulager, mais d’une évolution fondamentale de nos relations commerciales. L’Europe est la première destination des exportations du Pakistan. Au fur et à mesure que nous avançons, nous devons procéder avec le plus grand soin car il ne s’agit pas d’un simple acte de sympathie. Je suis absolument certaine qu’il y aura des discussions sur la manière d’aider économiquement le Pakistan en ces temps de difficultés particulières. Cela pourrait être le secteur agricole, qui sera frappé de plein fouet cette année. Cela pourrait être l’infrastructure. Mais alors, le Pakistan a aussi besoin de réformes. Il a besoin de ces réformes pour son bien, et même plus que jamais. Nous devons donc persévérer avec le message suivant : il sdoivent assainir leur budget et rendre leurs produits plus compétitifs s’ils veulent faire avancer leur économie eux-mêmes aussi. Vous avez dit en commission du développement du PE que les fonds pour l’aide humanitaire diminuaient considérablement. Qu’en est-il exactement ? Nous avons connu cette année une série de catastrophes particulièrement dramatiques avec Haïti, le Sahel, le Soudan et les inondations au Pakistan. Du coup, début septembre, nous puisons déjà dans notre réserve d’urgence et la saison des ouragans n’est pas finie. J’ai donc alerté le Parlement car il se pourrait que nous devions réallouer des fonds pour couvrir les besoins de cette année. Je tiens à être franche: nous sommes allés dans la réserve d’urgence pour l’aide humanitaire, neuf de ces dix dernières années, et je ne prévois pas d’amélioration pour l’avenir, il faut donc nous préparer à un besoin de ressources supplémentaires. De notre côté, nous veillerons à tirer le meilleur parti de chaque euro d’aide. Je suis absolument certaine qu’il y aura des discussions sur la manière d’aider économiquement le Pakistan |
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