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Politiques externes / Politiques externesImprimer l'article | ![]() UE/Corée du SudL’Italie bloque la signature de l’accord de libre-échangePar Sébastien Falletti | mardi 07 septembre 2010
La signature de l’accord de libre-échange (ALE) entre l’UE et la Corée du Sud pourrait être reportée en raison de l’opposition de l’Italie, a appris Europolitique. A la demande des constructeurs automobiles italiens, Rome continue de s’opposer à l’accord commercial que les 27 Etats membres doivent signer le 10 septembre à Bruxelles. Le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, est en consultations avec les Italiens pour tenter de débloquer la situation. Les ministres européens du Commerce devraient débattre et donner leur feu vert à l’ALE bilatéral le plus ambitieux que l’UE ait jamais négocié dans son histoire, lors d’une réunion vendredi matin. En cas d’accord, les ministres et M. De Gucht signeraient, le même jour, l’ALE qui a été paraphé le 15 octobre 2009 à Bruxelles. Une percée qui sera significative pour l’entrée en vigueur de l’ALE avant la fin de l’année, comme convenu avec Séoul. La ratification de l’accord par le Parlement européen serait le dernier obstacle avant l’application du texte. La résistance de l’Italie pourrait toutefois porter un coup au plan de Séoul et de la Commission. Rome demande des conditions plus strictes pour protéger le secteur automobile de la concurrence coréenne. C’est FIAT qui mène l’opposition et maintient la pression sur le gouvernement. « C’est une question de principe, le gouvernement doit montrer au lobby automobile qu’il ne laisse tomber ni l’industrie ni l’emploi », indique une source à Europolitique. L’Italie exige un mécanisme qui permette de revoir à la hausse les droits de douane en cas d’afflux massif d’importations de voitures coréennes sur son marché national. Un tel mécanisme est prévu au niveau européen (il a été exigé par les eurodéputés, les gouvernements et les représentants de l’industrie dont BusinessEurope). Mais Rome demande une clause régionale qui permettrait de déclencher ce mécanisme au niveau italien. Cette clause rassurerait FIAT et les responsables politiques locaux qui craignent les conséquences de l’ALE. Les constructeurs automobiles européens estiment que l’accord menacera l’emploi en Europe dans leur secteur, et bénéficiera surtout à leurs concurrents coréens. L’accord éliminera le droit de 10% qui frappe les Hyundai et Kia importées de Corée dès leur entrée sur le marché communautaire de 450 millions de personnes. Les constructeurs dénoncent le fait qu’ils n’accéderont, sans acquitter de droits, qu’à un marché d’à peine 50 millions de Coréens. TRACTATIONS JUSQU’AU DERNIER MOMENTLa Commission se dit en mesure de trouver un compromis qui permette la signature de l’ALE. Les tractations avec Rome devraient se poursuivre jusqu’au dernier moment. « Nous devons attendre jeudi soir avant de faire une annonce », indique une source de la DG Commerce. Ces douze derniers mois, la Commission s’est battue pour vaincre la résistance d’Etats membres essentiels pour ce dossier, comme l’Allemagne ou la France. L’Italie semble aujourd’hui isolée au Conseil, ce qui fait espérer à la Commission qu’elle se rendra bientôt. Si nécessaire, l’exécutif européen pourrait reporter la décision de quelques semaines, pour se donner le temps de convaincre Rome. Pareil report passerait mal à Séoul. Les diplomates coréens s’impatientent face à la lenteur du processus de ratification en Europe. La Corée du Sud veut mettre l’ALE en oeuvre dès que possible, pour accroître sa pression sur les Etats-Unis, qui résistent à l’entrée en vigueur d’un accord commercial bilatéral conclu en 2007. Et de nouvelles discussions au Conseil pourraient en outre compliquer le débat en cours au Parlement européen. Les députés européens examinent actuellement deux rapports : l’un sur l’ALE proprement dit, l’autre sur le mécanisme de sauvegarde qui accompagne l’accord. Des sources proches du PE s’attendent à ce que le processus soit intégralement conclu par un vote en plénière en novembre. La Commission et Séoul espèrent signer l’ALE avant le sommet bilatéral UE/Corée du Sud des 4-5 octobre à Bruxelles, en marge du Sommet de l’ASEM (Forum Asie-Europe). |
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