Analytique, complet, indépendant |
|
Politiques externes / Politique commercialeImprimer l'article | ![]() Conseil CommerceFeu vert à la signature d’un ALE avec la Colombie et le PérouPar Lénaïc Vaudin d’Imécourt | jeudi 31 mai 2012
Le Conseil des ministres a donné son feu vert, le 31 mai, à la signature et à l’application provisoire d’un accord de libre-échange multipartite (ALE) avec la Colombie et le Pérou. Selon les conclusions du Conseil, l’accord paraphé en mars 2011 vise à éliminer les droits de douane élevés, abolir les barrières techniques au commerce, libéraliser le marché des services, protéger les indications géographiques de l’UE et ouvrir les marchés publics. Il englobe aussi des « engagements sur l’application des normes sociales et environnementales, et des procédures de règlement des différends rapides et efficaces », indiquent les ministres. L’ALE devrait être signé dans le courant du mois de juin mais aucune date n’est précisée à ce jour. Si l’UE peut appliquer provisoirement l’ALE en vertu des dispositions du traité de Lisbonne, le commissaire au Commerce Karel De Gucht a accepté un compromis qui ne rende cette application provisoire effective que lorsque le Parlement européen aura donné son aval, en septembre, selon des sources de l’UE. Des ONG ont critiqué l’accord à cause des disparités économiques entre les deux régions, qui rendra l’ALE très défavorable aux pays d’Amérique latine. Selon Gustavo Ruben Triana, vice-président du syndicat colombien CUT, cet accord illustre le « comportement colonial » de l’UE. Et si l’accord contient une clause sur les droits de l’homme dans son premier chapitre, qui indique que l’UE se réserve le droit de suspendre l’accord en cas de violations, « les mécanismes d’activation de ladite clause sont flous » aux yeux de Vincent Vallies, porte-parole de l’OIDHACO (Office international pour l’action en faveur des droits de l’homme en Colombie). « Ces questions, et bien d’autres, doivent être soumises à un débat démocratique aux parlements nationaux des Vingt-sept [Etats membres de l’UE] avant toute mise en oeuvre », a-t-il ajouté. « Par cette décision, le Conseil européen démontre à nouveau que, contrairement aux dispositions du traité de Lisbonne, le business passe avant les droits de l’homme » indiquent l’OIDHACO et Grupo Sur dans un communiqué conjoint. Selon l’UE, l’accord réduira les droits de douane pour les exportations européennes d’une valeur de quelque 500 millions d’euros par an, ce qui comprendra 33 millions d’euros pour le secteur automobile, 60 millions pour le textile, et 16 millions pour le secteur chimique. Les échanges bilatéraux de marchandises entre l’UE et les deux pays andins ont représenté 16 milliards d’euros en 2010 selon les données de la Commission. L’application intégrale de l’ALE nécessite le feu vert du PE, des parlements des vingt-sept Etats membres, du Pérou et de la Colombie. VIETNAMLes ministres du Commerce sont convenus d’ouvrir la négociation d’un ALE avec le Vietnam, qui deviendra le troisième pays de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est à négocier un accord de ce type avec l’Union européenne, avec Singapour et la Malaisie. Le Conseil annonce que les négociations devraient commencer sous peu. |
|



Le dialogue transatlantique des législateurs soutient l’ALE -
