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Business & compétitivité / Business & compétitivitéImprimer l'article | ![]() BanquesLes politiques sont satisfaits, les analystes plus sceptiquesPar Anne Eckstein | vendredi 27 août 2010
D’Athènes à Madrid en passant par Londres et Rome, c’est un soupir de soulagement qu’ont poussé les dirigeants et régulateurs européens, relativement satisfaits après la publication, le 23 juillet à Bruxelles, des résultats des « stress tests » imposés à 91 banques européennes (voir Europolitique n° 4028). « L’exercice des tests de résistance est complet et rigoureux. Il confirme la résistance du système bancaire de l’UE et de la zone euro à des chocs économiques et financiers majeurs », a affirmé la Banque centrale européenne (BCE). La présidence belge de l’UE s’est également félicitée de la « solidité » du système bancaire européen. Les milieux économistes et financiers se montraient eux plus sceptiques. Pour juger, ils attendent la réaction des marchés et plus particulièrement du marché interbancaire. Seules 7 banques sur 91 ont échoué au test et devront proposer un plan de renforcement de leur situation financière, a indiqué le Comité des régulateurs européens (CEBS), qui n’exclut pas des recapitalisations. « Nous attendons de ces banques qu’elles soumettent un plan qui traite les faiblesses mises au jour par les tests de résistance », a ajouté le CEBS. Dix-sept autres établissements se situent dans une zone jugée dangereuse du point de vue des tests, avec un ratio de fonds propres (dit de solvabilité) juste au-dessus des 6 % exigés par le CEBS. Parmi ces derniers, se trouvent plusieurs banques grandes ou moyennes, dont la solvabilité est essentielle pour la stabilité financière, telle que l’allemande Deutsche Postbank, l’irlandaise Allied Irish Banks ou l’italienne Monte dei Paschi di Siena. Enfin, les tests de résistance montrent que bon nombre de banques en Europe restent très dépendantes des aides d’Etat, notamment au Royaume-Uni. Certaines ne doivent leur réussite qu’au soutien financier de l’Etat. Sur 91 banques testées, 38 bénéficient encore d’une aide publique, pour un montant de 197 milliards d’euros. Si le secteur bancaire est résistant, il porte encore les stigmates de la crise financière de 2008-2009. « Si vous regardez les critères, c’était un examen difficile à réussir », a assuré la ministre française de l’Economie Christine Lagarde, pour qui « l’Europe a apporté la dernière pierre à l’édifice visant à restaurer la confiance » dans les banques et les Etats de l’UE, malmenée depuis deux ans par des crises successives. La ministre espagnole de l’Economie, Elena Salgado, espérait, elle, que l’amélioration entrevue cette semaine « se renforce dans les semaines à venir et que le crédit recommence à circuler ». En dépit de l’échec de l’ATE (Agricultural Bank of Greece), « les résultats (...) montrent que le système bancaire grec peut tenir le coup, même soumis à des conditions extrêmes », a déclaré le ministre grec des Finances Georges Papaconstantinou. Il a toutefois exhorté les banques helléniques « à prendre les décisions stratégiques qui s’imposent pour renforcer leur niveau de capital, dans un contexte de restructuration du système bancaire grec ». Position quelque peu similaire en Allemagne où l’autorité de surveillance, Bafin, et la Bundesbank ont estimé que « le système bancaire allemand a prouvé sa robustesse et sa capacité de résilience y compris dans le cadre des prévisions les plus pessimistes ». Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a salué le résultat des tests de résistance bancaires européens, qu’il a qualifiés d’ « entreprise considérable » en faveur d’un retour de la confiance sur les marchés. Le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner a lui aussi accueilli « favorablement » la publication des résultats des tests européens. « Par cette entreprise, l’UE a accompli un effort considérable pour révéler davantage au grand jour la situation de chacune des banques européennes examinées et améliorer la stabilité des marchés », a-t-il estimé. ANALYSTES PEU CONVAINCUSLes analystes économiques, qui saluent l’ampleur des informations publiées et l’effort de transparence ainsi réalisé, restent cependant prudents, voire sceptiques, exprimant de vives réserves quant à la difficulté des tests. « Il faudra du temps au marché pour digérer toutes ces informations », a estimé le chef économiste d’Unicredit, Marco Annunziata pour qui « c’est un premier pas vers davantage de transparence, mais insuffisant pour améliorer de manière importante la confiance dans le système bancaire européen, ce qui aurait dû être l’objectif principal de l’exercice ». « Ces tests ne sont pas particulièrement stricts », a commenté Jennifer McKeown, économiste de Capital Economics. « Durant les semaines à venir, c’est le marché interbancaire qui apportera la réponse à la question de savoir si la confiance dans les banques européennes est revenue », a pour sa part expliqué Mark O’Sullivan, de Currencies Direct. Pour Chris Turner (ING), « ce résultat correspond à peu près à ce qui était attendu ». Et d’ajouter : « Le Comité des régulateurs européens (CEBS) semble avoir utilisé une méthode raisonnablement rigoureuse pour tenter d’insuffler de la confiance. Ces tests ne semblent pas avoir mis au jour de cadavres dans les placards. Reste à savoir s’ils vont assez loin ». BANQUES SUISSES TIRÉES D’AFFAIRELes deux principales banques helvétiques UBS et Crédit Suisse ont-elles aussi réussi, sans surprise, les tests de résistance, a indiqué l’Autorité fédérale suisse de surveillance des marchés financiers (Finma). « Même dans le cas d’une crise majeure (...), les deux établissements conserveraient une base de capital solide, avec un ratio Tier 1 d’au moins 8 % », précise la Finma. Les banques devaient conserver un niveau de fonds propres dit « Tier One » (fonds propres rapportés aux engagements de la banque) de 6 % pour que le régulateur considère qu’elles avaient réussi le test. « Lors du dernier examen, la Finma a testé la capacité de résistance des deux grandes banques dans l’hypothèse d’une récession mondiale, accompagnée cette fois par la détérioration de la situation financière des Etats européens », poursuit le texte, qui conclut que « du fait de l’exposition relativement modeste des deux établissements suisses vis-à-vis de ces pays ces chocs spécifiques n’ont qu’un faible impact ». « Nous attendons de ces banques qu’elles soumettent un plan qui traite les faiblesses mises au jour par les tests de résistance » |
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