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Banque centrale européenne

La BCE maintient ses taux et ses mesures anticrise

Par Sarah Collins | mercredi 04 avril 2012

La Banque centrale européenne a maintenu son taux d’emprunt principal à 1 % pour le quatrième mois d’affilée, son président Mario Draghi faisant état d’une « stabilisation de l’environnement financier ». La Banque a également maintenu les taux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt inchangés à respectivement 1,75 % et 0,25 %. A l’issue du Conseil des gouverneurs de la banque, le 4 avril, M. Draghi a ajouté que les deux prêts d’urgence à trois ans, qui ont injecté 1 000 milliards d’euros de liquidités dans les banques européennes, avaient permis d’éviter «  un ajustement brutal et désordonné des bilans des établissements de crédit ».

Mais il a indiqué qu’il était « prématuré »d’envisager l’abandon par la BCE de ces mesures de crise, au vu des chiffres de croissance et de chômage : le PIB de la zone euro a baissé de 0,3 % au dernier trimestre 2011 et le taux de chômage a atteint un sommet de 10,8 % le mois dernier, selon Eurostat, l’inflation restant, avec 2,6 % en mars, supérieure à l’objectif de la BCE de 2 %. M. Draghi a déclaré que les prêts à trois ans, des opérations de refinancement à long terme (LTRO), avaient besoin de temps pour prendre effet mais qu’ils avaient offert un répit aux gouvernements et aux banques pour mener les réformes indispensables.

«  Il y a une fenêtre d’opportunité permettant aux gouvernements d’entreprendre l’assainissement budgétaire et les réformes structurelles en profitant de cette espèce de paix relative sur les marchés financiers. Mais c’est aussi l’occasion pour les banques de redresser leurs bilans pour opérer de manière ordonnée », a-t-il dit. Et d’ajouter que le succès du programme sera mesuré par l’augmentation des dépôts bancaires, des achats d’obligations d’État et des prêts aux entreprises. Les données de la BCE montrent que les dépôts bancaires ont augmenté en janvier et février, mais les prêts aux entreprises et aux consommateurs n’ont progressé que de 1 % sur un an et ont stagné en comparaison mensuelle. M. Draghi a nié que les banques étaient « accro »aux financements de la BCE : celle-ci ne leur a accordé des liquidités que sous forme de prêts et non en injections de capital. «  Gardons à l’esprit que ce n’est pas du capital mais des liquidités que nous apportons aux banques ».

M. Draghi a par ailleurs démenti que la récente hausse des spreads(écart par rapport aux obligations de référence) pour les obligations espagnoles et italiennes était un signe de l’instabilité du marché. L’Espagne a pu lever plus de 2 milliards d’euros le 4 avril, mais à un prix plus élevé que l’an dernier. Cette émission s’est faite au lendemain de la présentation par le ministre espagnol des Finances Luis de Guindos d’un plan d’austérité de 27 milliards d’euros, au parlement à Madrid. «  Je voudrais voir ces récents développements pas tant comme un exemple de la fragilité du marché, mais simplement comme un exemple que les marchés s’attendent à des réformes » de la part des gouvernements, a déclaré M. Draghi.



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