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Politiques sectorielles / Politiques sectoriellesImprimer l'article | ![]() Rio+20/Développement durableL’UE juge insuffisant le compromis présenté par le BrésilPar Anne Eckstein | lundi 18 juin 2012
La Conférence mondiale sur le développement durable Rio+20 entre dans sa deuxième semaine et, à la veille de l’ouverture de la session ministérielle de haut niveau (20-22 juin) qui doit, en principe, avaliser une série d’avancées, les nuages s’accumulent. L’Union européenne et les organisations non gouvernementales ont ainsi rejeté le 17 juin un projet de déclaration finale sur la pauvreté et l’environnement, proposé par le Brésil, jugeant la proposition « lamentablement insuffisante ». La conférence s’embourbe. Aussi le Brésil, pays hôte de la conférence, a-t-il décidé de prendre les choses en main et a présenté aux experts un projet de déclaration finale. « La voie est à peu près ouverte pour aboutir à un bon accord final. Il s’agit d’un texte équilibré », a déclaré le chef de la délégation brésilienne, Luiz Alberto Figueiredo, en présentant sa proposition, laissant entendre que les chefs d’Etat et de gouvernement n’auraient « plus grand-chose à discuter ». Le texte de compromis de 50 pages présenté par le Brésil ne propose pas de chiffres pour le financement du développement durable, alors que les pays en développement réclament 30 milliards de dollars par an. Il propose des « objectifs de développement durable » pour remplacer les Objectifs du Millénaire pour le développement après leur expiration en 2015, mais reporte leur définition à une conférence ultérieure. Pour l’UE, le texte manque d’engagements sérieux pour mettre fin à la surexploitation des ressources naturelles et pour développer une économie verte. « Nous aimerions voir le texte contenir des objectifs précis, assortis de délais et des mécanismes concrets de suivi et d’évaluation des progrès », a déclaré Monica Westeren, porte-parole de commissaire à l’Environnement Janez Potocnik. « Nous avons déjà fait beaucoup de travail mais il est encore temps d’améliorer les chances d’une issue positive », a-t-elle ajouté. Les ONG ne sont guère plus optimistes. Selon elles, la crainte de voir se répéter un épisode aussi traumatisant que l’issue du sommet de Copenhague sur le climat de 2009 pourrait mener à diluer au maximum le document final. Le projet d’accord « a été habilement construit pour éviter la controverse et promouvoir un consensus, mais s’il devait être est adopté, il ne permettrait pas de pas de réorienter la croissance en mettant la priorité sur les peuples et la planète », a déclaré Oxfam. Pour Asad Rehman (Les Amis de la Terre), « le texte n’est pas assez ambitieux, et n’exprime pas la volonté politique requise pour corriger les dommages faits à la planète » et Lasse Gustavsson (WWF) estime que le texte brésilien « abonde en faux-fuyants en particulier sa section sur l’énergie qui aurait pu être écrit par l’industrie pétrolière et du gaz. » LES PAYS DÉVELOPPÉS MONTRÉS DU DOIGTLes clivages traditionnels enregistrés notamment dans les négociations sur le climat se retrouvent Rio. « Les pays développés doivent montrer l’exemple en tenant leurs objectifs en matière de développement durable et en prenant en considération les besoins des pays en développement », a indiqué, le 18 juin, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Xie Hangsheng. « Le développement d’une économie verte sera une tâche colossale et de longue haleine. Nous sommes pour un renforcement de la coopération internationale dans ce domaine. Il est nécessaire de fournir un environnement externe favorable aux pays en développement, en particulier un soutien financier et technologique », a ajouté le vice-ministre. Comme pour la négociation « climat », la Chine considère que les pays développés ont une responsabilité historique en matière d’émissions de gaz à effet de serre et refuse de s’engager sur une réduction de ses propres émissions. Une position qu’elle défend également à Rio : « pour arrêter les objectifs de développement durable, les principes de Rio doivent être respectés, en particulier celui de la responsabilité collective mais différenciée vis-à-vis du réchauffement climatique », a indiqué un autre responsable du ministère des Affaires étrangères, Tan Jian. |
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