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Budget/Parlement

Malgré une autocritique, les PE avalise son propre budget 2010

Par Gaspard Sebag | jeudi 10 mai 2012

Comme d’habitude, la procédure de décharge du Parlement européen par laquelle celui-ci avalise ses propres comptes a, dans une certaine mesure, été pour le budget 2010, un exercice d’autocritique. Le rapport de Boguslaw Liberadzki (S & D, Pologne) approuvé le 10 mai propose de couper dans le budget de EuroparlTV, met en garde contre le versement d’indemnités aux visiteurs du PE et souligne qu’il y avait des bureaux de lobbies au sein du Parlement jusqu’il y a moins de six mois. Mais les eurodéputés ont bien avalisé, à une large majorité, les comptes du Parlement pour 2010, que la Cour des comptes européenne avait d’ailleurs jugé sans erreurs significatives dans les paiements.

Lancé en 2008, EuroparlTV, la chaîne de télévision du Parlement, «  ne peut pas être considérée comme une réussite compte tenu de son très faible nombre d’utilisateurs individuels directs, en dépit du financement considérable qu’elle a reçu en 2010 », note le rapport. Financée à concurrence de 9 millions d’euros, son audience moyenne a été de moins de 30 000 par mois. Les députés demandent donc que le secrétaire général propose d’y mettre fin.

Chaque année, le Parlement accueille des dizaines de milliers de visiteurs (283 000 l’an dernier). Chaque député a la possibilité de parrainer 110 visiteurs par an. Un certain nombre d’entre eux, mais pas la majorité selon le PE, reçoit une aide financière pour un repas, un logement, le déplacement (1). La CCE estime que les procédures en place en 2010, qui ne demande pas de preuve des frais de voyage réels et qui comprend des versements en liquide aux chefs de groupe, présentent un risque de sur-paiement. Malgré un changement récent des règles, il reste possible de demander un remboursement en liquide au lieu que les groupes demandent un remboursement sur leur compte après la visite.

LOBBIES AU PARLEMENT

Ceux qui liront le rapport Liberadzki apprendront des tas de choses intéressantes et affolantes sur le PE. Ainsi, jusqu’en décembre 2011, la fondation Pegasus et le groupe Kangaroo, composés de parlementaires et de représentants de multinationales dont Goldman Sachs, British Petroleum et Philip Morris, avaient des bureaux au Parlement européen même. Le PE envoie régulièrement des délégations, souvent pour communiquer sur des élections dans des pays en développement. Pour ces voyages, le coût par député peut grimper jusqu’à 5 300 euros par jour, l’échelon le plus bas, étant 1 400 euros par jour. A cet égard, l’agence de voyage qu’utilise le PE se voit reprocher de ne pas offrir le meilleur prix par rapport à d’autres agences. En outre, le rapport sur la décharge du PE fait craindre un éventuel défaut du fonds de pension volontaire des députés, en déficit de quelque 179 millions d’euros en 2010. n


(1) Depuis janvier 2012, cette allocation pour visiteurs comporte normalement trois postes : le repas (40€), le logement (60€) et le déplacement (0,09€ par kilomètre).

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