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Service diplomatique

Madame Ashton joue le rôle de « chef de choeur »

Par Brian Beary à Washington | mardi 01 mars 2011

Expliquant ce qu’est le service européen d’action extérieure (SEAE) à un public curieux composé de spécialistes européens, à Washington, un haut fonctionnaire du SEAE a comparé le rôle de la Haute représentante Catherine Ashton à celui de «  chef de choeur ». «  Il suffit d’une seule fausse note pour gâcher le concert », a déclaré Christian Leffler, Directeur pour les Amériques, lors de son allocution à la School of Advanced International Studies (SAIS), le 28 février. Mme Ashton «  ne peut pas et ne veut pas museler les 27 ministres des affaires étrangères », a-t-il ajouté. Il a précisé que l’objectif était d’avoir «  une politique étrangère et de sécurité commune et non une politique unique ».

M. Leffler a reconnu que la Bosnie n’était pas le meilleur exemple de ce que doit être le fonctionnement d’une politique étrangère commune. «  Le Kosovo est un meilleur exemple », a-t-il déclaré, en ajoutant que si les Etats membres conservent le droit de refuser de reconnaître l’indépendance du Kosovo, cela n’a pas freiné les efforts déployés par l’UE pour aider le Kosovo. A propos des remous politiques qui agitent actuellement le monde arabe, M. Leffler a noté que les Etats membres de l’UE avaient demandé au SEAE de développer une nouvelle stratégie pour traiter avec ces gouvernements, au vu du changement de régime en Egypte et en Tunisie. Quant à savoir si l’UE et les Etats-Unis ont moins besoin l’un de l’autre qu’avant, le fonctionnaire du SEAE ne le pense pas. Dans la poursuite d’objectifs communs, comme la promotion de la démocratie, «  vers qui d’autre que les Etats-Unis allons-nous nous tourner ? La Russie ? La Chine ? » a-t-il déclaré.

RôLE DE LA PRÉSIDENCE TOURNANTE

M. Leffler a précisé que l’UE continuerait de demander que ce soit Mme Ashton, plutôt que la présidence tournante de l’UE, qui puisse s’exprimer à l’Assemblée générale des Nations unies. C’est «  difficile à obtenir », a-t-il ajouté, en raison de la structure basée sur les Etats des Nations unies. A propos du rôle de la Pologne durant sa présidence de l’UE, de juillet à décembre 2011, il a répondu : «  nous attendons de la Pologne qu’elle apporte des idées » et «  finalement, c’est Mme Ashton qui présidera les Conseil Affaires étrangères et Défense. » La création du SEAE a marqué un «  grand changement » pour les ambassadeurs des Etats membres de l’UE dans les pays tiers, selon M. Leffler. Ils avaient un très petit rôle à jouer par rapport à la présidence de l’UE : «  ce ne sera plus la présidence hongroise ou polonaise qui représentera la position de l’UE, au Département d’Etat. »

A la question de savoir pourquoi, dans ce cas, la présidence tournante de l’UE (actuelle et future) avait participé, en décembre 2010 à Washington, au lancement des négociations de l’accord UE-Etats-Unis sur la protection des données, M. Leffler a répondu que la protection des données relevait d’une «  compétence mixte », nationale et communautaire. «  Nous emmenons la présidence tournante mais nous menons les négociations, pas elle », a-t-il déclaré.



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